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Conseils aux Chefs d'Etats

Parti Etat et bonne gouvernance démocratique?

Parti Etat ou bonne gouvernance démocratique ?

Saharamedias, 28 novembre 2007

Depuis 2003, les mauritaniens étaient unanimes sur l’inéluctabilité du changement et tout le monde s’interrogeait alors sur la personne du futur Président de la République.

Certains ont pensé à la violence, comme moyen d’alternance, d’autres aux coups d’état militaires. D’autres, encore, trouvaient que les solutions démocratiques offraient l’unique alternative acceptable. Mais l’interrogation centrale concernait le futur président. Qui serait-il? Quelle est la personnalité qui est digne du pouvoir ?

Depuis lors, on a perdu de vue les raisons et les objectifs du changement ainsi que les programmes proposés. Pendant cette période, aucune réalisation concrète, aucune reforme n’a, donc, pu voir le jour !!

Ce qui devait arriver arriva, et le peuple trancha, démocratiquement, en élisant un Président de la République sur la base d’un programme précis, portant sur cinq ans.

A présent, on en est venu au temps du travail constructif, celui de l’identification des compétences capables de contribuer à la réalisation méthodique et rationnelle des objectifs inscrits au programme.

N’est-il pas urgent de s’interroger sur les choix qui s’offrent à nous en cette phase et sur la meilleure façon de préserver la démocratie authentique, tout en gardant, fortement, les repères ?

Les scénarii suivants peuvent être imaginés :

  1. Adopter les vues et programmes des partis de l’opposition, ce qui est contraire à la volonté populaire qui s’est exprimée dans les urnes et qui équivaut au rejet desdits programmes. Une telle démarche est, fondamentalement, contraire aux principes démocratiques selon lesquels le choix de la majorité doit, obligatoirement, être pris en compte.
  2. Improviser un nouveau programme qui, sans doute, se caractérisera par la confusion et le manque de transparence.
  3. Camper sur des positions de confrontation, en accentuant les divisions à travers des polémiques plutôt négatives et continuer, de la sorte, à tourner en rond.
  4. S’orienter, résolument, vers le travail constructif, dans le but de réaliser le programme du Président qui a été choisi par la majorité de ce peuple, dans le respect des principes démocratiques, en toute transparence et en toute légalité.

Ce dernier scénario est le seul choix que nous offrent la Démocratie et la République, si nous voulons réaliser quelque chose de positif et de concret, pour notre pays.

En tout cas, seul compte le travail effectif et palpable qui marque, véritablement et durablement, la vie des nations et des peuples. La légitimité repose, exclusivement, sur le choix de la majorité. Toute option contraire constituerait une violation flagrante des engagements pris envers le peuple. Les acteurs impliqués dans le mandat présidentiel actuel et ceux qui soutiennent l’action du Chef de l’Etat n’ont pour feuille de route que le programme électoral. C’est la raison pour laquelle les efforts doivent être unifiés pour traduire ce programme dans les faits.

La connaissance approfondie et détaillée de ce programme s’impose, donc, comme préalable à toute démarche visant à se l’approprier et à le défendre. L’adhésion à ce programme doit se traduire dans les faits et gestes de chacun, tant au plan théorique que dans la pratique, afin d’en garantir la mise en œuvre, compte tenu des particularités du temps et de l’espace.

Dans la réalisation de ce programme, l’opposition peut contribuer en jouant le rôle qui est le sien dans un régime démocratique. C’est un rôle important, irremplaçable qu’elle doit exercer à travers la critique constructive et le contrôle rapproché de l’action du gouvernement, tout en se préparant à proposer, le moment venu, des alternatives au suffrage des électeurs.

La démocratie, c’est surtout, la pleine possibilité de la libre alternance au pouvoir. L’alternance est aussi nécessaire en politique que la respiration pour le corps humain, On expire et on inspire ! En Mauritanie, comme ailleurs, nous avons besoin d’expirer pour pouvoir inspirer !!.

Une fois passée la période électorale, l’opposition doit faire preuve de responsabilité dans l’effort de l’édification nationale et prouver ainsi qu’elle peut être digne de la confiance du peuple.

La majorité, une fois les choix arrêtés, doit orienter ses efforts, tous ses efforts vers la réalisation du programme du Président de la République.

Ainsi, se conjuguent -sans se confondre- les efforts de deux parties (Majorités et Opposition) au service de la patrie, au service du peuple, et pour plus de progrès.

D’ailleurs, les programmes respectifs ne manquent pas de points communs qui sont autant d’espaces de rencontres. Il est inutile, voire néfaste et en tous cas irresponsable, d’entretenir éternellement un climat de « campagne électorale et de dénigrement » au moment où il faut adopter des positions apaisées et pertinentes.

En ce qui me concerne, je suis animé par un désir sincère de participer à la réflexion que nécessite la phase actuelle et d’apporter mon point de vue sur les questions suivantes :

  • L’étude et la réflexion en vue de contribuer à la recherche des meilleures voies pour concrétiser, dans l’efficience et l’efficacité, le programme qu’a choisi la majorité du peuple mauritanien.
  • L’identification des facteurs de blocage qui gênent l’exécution dudit programme. Ces facteurs de blocage sont de plusieurs ordres :
    • il y a les facteurs subjectifs qui ne demandent qu’un effort de sensibilisation pour les surmonter ;
    • il y a des facteurs objectifs, qui sont parfois conjoncturels, tels que les Catastrophes naturelles et les secousses imprévues qui nécessitent un traitement spécifique adapté à chaque cas (exemple : inondation de Tintane, problème des prix).

La solution des problèmes de parcours ne doit, en aucun cas, gêner la marche générale ni l’exécution du programme.

  • Une réflexion saine et sereine pour dégager les règles qui doivent régir la scène politique. Cette réflexion doit s’orienter vers la recherche des solutions fiables aux problèmes politiques et doit impliquer majorité et opposition, indifféremment.
  • Identifier les points de divergences entre les différentes composantes du paysage politique pour éviter l’antagonisme extrême et les sources de tension.

Nous invitons tous ceux qui s’intéressent à la démocratie naissante, dans ce pays, aux échanges de vue et au dialogue constructif.

Notre pays passe par une phase critique et fort délicate. Nous avons besoin de nous retrouver pour échanger nos idées et enrichir le débat national.

Nous avons à gérer un lourd héritage fait d’une accumulation de problèmes demeurés sans solutions. Il nous revient de diagnostiquer, sereinement, la situation et d’explorer les possibilités offertes au cours de ce mandat, afin de poser, clairement, les problématiques, de proposer des solutions théoriques et, en les appuyant, s’assurer de leur faisabilité,.

Bien sûr, nous ne prétendons pas détenir la vérité de façon exclusive. Nous ne prétendons pas au monopole des idées valables. Notre principal souci reste l’intérêt général.

Nous tenons à dire, clairement, aux intellectuels, cadres et citoyens honnêtes de ce pays que le temps n’est plus à la passiveté ni à l’attentisme et au désintéressement !!

Depuis l’instauration du multipartisme, dans notre pays, les gens ont pris l’habitude d’y adhérer, massivement, de manière quasi spontanée et, sans pour autant, approfondir la réflexion.

Aujourd’hui, il est préférable d’observer un temps de concertation, d’observation et d’étude avant d’adhérer à un parti quelconque, sans avoir, préalablement, vérifié son attachement aux principes fondamentaux de la démocratie et son respect des règles du jeu démocratique.

C’est là notre conviction profonde et, tout acte né d’une conviction saine ne peut être que positif et suivi, immédiatement, d’effets concrets.

Aussi, à travers cette première réflexion, voulons-nous rendre compte, aussi fidèlement que possible, de la situation qui marque cette étape et de certains événements d’actualité ayant un impact évident sur le devenir de la nation.

L’élection du Président de la République

Rappelons que les dernières élections qui ont abouti au choix du Président de la République constituent un motif de joie et de fierté à un moment où le peuple avait oublié depuis longtemps de tels sentiments.

L’institution présidentielle occupe le sommet de la pyramide, selon la constitution.

Le Président de la République est le Président de tous les mauritaniens ; ce n’est pas un notable local ni un chef de tribu. Il doit être aidé à rester le chef de tous les mauritaniens sans exception.

Nous sommes engagés dans la lutte contre toute tentative de le détourner de cette conception de son rôle.

Qu’aucun parti n’ait la possibilité de prendre le président en otage et ce d’autant plus qu’il n’était le candidat d’aucun parti !!! D’ailleurs, le vote secret, en vigueur chez nous, ne permet pas de savoir qui a voté pour qui. Donc, une fois élu, le Président est le président de tous les mauritaniens.

Le Président n’est pas non plus élu par les députés ; c’est le peuple qui l’a directement désigné. L’alignement d’un député sur un candidat n’implique pas, nécessairement, l’alignement de ses électeurs et vice-versa.

Le Président est, donc, le président de tous et chacun est tenu de l’aider à réaliser son programme et d’éviter tout ce qui peut entraver une telle réalisation.

Que les opposants sachent une chose : Le Président est, aussi, leur président et ils sont tenus de respecter les institutions de leurs pays.

Tant que nous ne sommes pas, suffisamment, imprégnés d’une éthique respectueuse des institutions de l’Etat, nous pouvons avoir le meilleur Président et le pire des systèmes et, c’est la porte ouverte à toute sorte de démons civils et militaires qui n’hésiteront pas à faire échouer le projet démocratique.

L’élection des présidents des chambres

Nous ne pouvons que nous féliciter des conditions dans lesquelles ont été élus les Présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat et de l’unanimité dont ils ont été l’objet. Le consensus est un trait marquant de notre culture et de notre civilisation. Il est toujours préférable au vote, même démocratique et transparent. Nous militons, pleinement, en faveur de la stabilité parlementaire qui traduit, de fait, la stabilité des institutions constitutionnelles, dans leur ensemble.

La composition du gouvernement

Rappelons, d’abord, que la politique et ceux qui la pratiquent sont soumis à l’évolution et aux aléas de la vie. Ils connaissent, régulièrement, des hauts et des bas, des réussites et des échecs, des déceptions et des victoires. Ils subissent, également, l’alternance dans les rôles que l’homme ou la femme politique sont appelés à jouer, selon les contextes propres à chaque temps.

Ils connaissent aussi la naissance, la vie politique et la mort politique.

Par exemple : lorsque le Président Moktar (paix sur son âme !) a été déposé, lui et ses ministres se sont retirés de la politique, pour longtemps, ou pour de bon.

En revanche, certaines personnalités au passé ministériel ou présidentiel, plus récents, s’acharnent, aujourd’hui, à revenir, chaque fois, aux affaires, en s’obstinant dans leur refus de passer le relais.

Ils refusent l’alternance et ne reconnaissent pas, à d’autres, le droit de gouverner. Ils n’arrivent pas à consommer le deuil de leur fonction.

Il est juste que parmi eux, certains ont soutenu le Président dans sa campagne. Mais, il est vrai, aussi, que certains ont un passé douteux dont le peuple garde, encore, un vif souvenir.

Pire, certains justifient leur prétention par l’expérience qu’ils ont. Et quelle expérience ?. Les résultats de leurs expériences sont là !!La situation du pays, aujourd’hui, est une résultante de leurs fameuses expériences !!

Ancien n’est pas, toujours, synonyme de mauvais. Nouveau n’est pas, non plus, synonyme de bon.

L’attribution des responsabilités exige des « casiers judiciaires vierges » ; exige que les prétendants n’aient pas d’antécédents économiques ou financiers, de malversation ou de mauvaise gestion.

Le critère de compétence et d’intégrité, et la capacité d’animer une équipe au sein de chaque ministère, au service des options arrêtées par le Président de la République, dont le programme sert de cadre unique à l’action de ce gouvernement, doivent être les seuls critères pris en compte.

L’inondation de Tintane 

Les catastrophes naturelles sont chose courante et souvent imprévisibles, ailleurs, comme en Mauritanie. Bien entendu, les Etats doivent prendre les dispositions pour y faire face, le cas échéant.

Malheureusement, la Mauritanie est, encore, peu outillée pour ce genre de problèmes. Néanmoins, la catastrophe de Tintane a suscité un réel élan de solidarité nationale et internationale qui, s’il est correctement géré, doit en atténuer les effets.

L’Administration n’avait pas prévu ces problèmes, dans ses programmes.

L’Administration centrale est loin des réalités et des problèmes brûlants, et l’Administration territoriale n’a ni tradition, ni culture, ni moyens pour prendre en charge des problèmes d’une telle ampleur.

Nous proposons, par conséquent, la création d’une Agence spécialisée pour la gestion des catastrophes de ce type, avec à sa tête un Haut commissaire ou un Ministre. Cette agence qui doit s’appuyer sur des études d’expertise et des plans d’action préalables, doit être auditée, trimestriellement et annuellement par un Cabinet international qui soumet directement ses rapports au Président de la République.

Le personnel de cette agence et ses chefs devront élire domicile dans la localité sinistrée pour travailler sur le terrain[1].

Ainsi, les catastrophes naturelles pourront être gérées, efficacement, et sans donner lieu à des scandales financiers et autres.

Nous saisissons cette occasion pour attirer l’attention sur un autre danger. Il s’agit du risque d’incendie. Plus de 500 tentes, environ, entassées sur une petite surface, doivent être entourées d’un maximum de précaution pour assurer leur sécurité et prévenir tout risque de catastrophe supplémentaire.

Le problème de la drogue 

C’est, sans doute, l’un des plus graves problèmes que le pays ait connus depuis l’Indépendance.

Les marchands du poison ont utilisé les avions (Nouadhibou) après s’être servis de tous les autres moyens de transport.

Le niveau de professionnalisme atteint et les moyens mis en œuvre par ces trafiquants montrent que leurs pratiques, dans ce pays, sont anciennes.

Rappelons que la drogue est un domaine où se rencontrent Politique, Economie et menaces extérieures. La drogue constitue une réelle menace pour la sécurité du pays, pour son économie et fait basculer la société dans la criminalité, sans parler du préjudice porté à l’image du pays.

Rappelons aussi, que le développement du trafic de la drogue n’est pas sans rapport avec le libéralisme débridé, voire aveugle, suivi depuis un certain temps et qui a eu pour effet la naissance de ce qu’on appelle l’économie informelle au détriment de l’économie structurée.

A travers l’économie informelle se forment, à la faveur du « laisser aller et du laisser faire » dans l’impunité absolue, les bandes mafieuses qui pratiquent le trafic de la drogue et le blanchiment de l’argent sale.

Il est urgent de revoir l’organisation de l’économie et de réhabiliter les institutions de l’Etat avec plus d’efficacité et de transparence.

Les privatisations 

Les entreprises publiques sont considérées depuis un certain temps comme des privilèges accordés à ceux qui les dirigent. Leur gestion est souvent sans rapport avec les pratiques saines et orthodoxes.

Ces entreprises, devenues des chasses gardées aux mains d’individus, sont à l’abri du contrôle et de la sanction.

Nous suggérons l’organisation de séminaires avec la participation de spécialistes, indépendants, issus de tous les partis politiques et des structures de l’Etat pour débattre de la situation de ces entreprises à la lumière des informations disponibles. Ainsi, un diagnostic objectif pourra être posé en vue de proposer des solutions appropriées dans la transparence totale. L’ensemble des moyens de communication, les médias, doivent être mis à contribution pour faire connaître au plus grand nombre les constats et conclusions des séminaires proposés.

Le décideur peut, ainsi, prendre les mesures appropriées en connaissance de cause.

Les solutions bâties sur l’avis des spécialistes et soumises au peuple donneront, sans doute, des résultats positifs.

C’est cela la démocratie économique que notre pays ne connaît pas encore.

Sans démocratie économique, la démocratie politique n’est que démagogie et drogue du peuple!

L’histoire nous apprend que le pays s’est développé normalement pendant les 20 années qui ont suivi l’indépendance et sans recours au libéralisme débridé ni à l’étatisme excessif. Puis, il a connu un ralentissement et parfois un net recul à cause justement de l’adoption d’un système sans nom (libéralisme est un terme usité mais inapproprié) accompagné de la mauvaise gestion, de l’anarchie et de l’impunité qui ont gagné tous les secteurs de l’Economie et de l’Etat.

Au sujet de la privatisation des entreprises publiques, penchons- nous sur l’examen de la situation actuelle avant de proposer des alternatives à la privatisation. D’aucuns savent que la réussite de l’individu mauritanien dans les affaires touche la famille, puis s’étend à la tribu. Nous n’avons pas de sociétés de capitaux, ni de marché financier. Il en résulte que toute privatisation profite à une famille au nom d’une tribu. Ainsi, des groupes familiaux ou tribaux obtiennent des avantages et des positions économiques (de taille nationale) stratégiques et structurants qui leur permettent de surpasser tous les autres, voire, l’Etat lui-même.

De telles pratiques sont loin de servir une économie normale et consacrent, au contraire, l’idée d’une économie tribale et mafieuse avec des effets néfastes pour le peuple et l’Etat et comportant des menaces sur l’unité nationale et sur le sentiment d’appartenance à une patrie commune.

La principale caractéristique de l’économie mauritanienne, aujourd’hui, réside dans l’anormalité structurelle et organisationnelle.

Quelles solutions alors ?

L’Etat possède assez des moyens pour effectuer le contrôle des entreprises publiques sur des bases nouvelles que permet le climat actuel, afin de procéder aux réformes nécessaires à la conduite d’une privatisation réussie tenant compte de l’intérêt général.

Il faut, d’abord, adopter une loi qui conditionne la privatisation par des offres publiques de vente d’actions des entreprises en question, en offrant le droit et la possibilité à un maximum d’individus d’y posséder des parts, en fixant des plafonds pour ces actionnaires et en imposant un quota minimum pour les salariés sous forme d’apports technologiques ou autres. (Imaginez que pour un montant de 10 millions de fonds publics, la concurrence est exigée, et on passe devant des commissions de marchés alors que les banques et établissements financiers ont été cédés par une décision individuelle et dans l’opacité totale !!)

Par la participation des salariés, non seulement, on peut réconcilier travailleurs et capital mais on peut, à travers ce mécanisme, introduire une discrimination positive de plus en plus nécessaire pour réconcilier les mauritaniens entre eux et avec leur pays.

Un nouveau parti en voie de formation en Mauritanie

Nous étions heureux chaque fois qu’il est question de former un nouveau parti. Nous saluons toute initiative visant à rassembler et à impliquer les mauritaniens dans la conduite des affaires de leur pays.

Mais, nous avons toujours considéré que le passage d’une situation de parti unique à une situation de multipartisme sans limite ne servait pas l’exercice démocratique du pouvoir dans un Etat et une Nation en formation. Nous n’avons pas changé d’avis. Nous pensons que, dans une première étape, trois partis suffisent pour remplir cette mission. Droite – Centre – Gauche.

Les partis ne doivent pas coller au nombre des régions, des tribus ou des familles.

Passons, maintenant, à l’examen de la situation réelle.

La transition du CMJD, légitimée par l’opposition, a permis un déblocage et une ouverture mais elle a été, grâce à l’emprunt pour ne pas dire le détournement d’un certain discours patriotique et révolutionnaire non suivi par les actes réels et quotidiens, une anesthésie des Politiques et du Peuple et un report des solutions sans l’économie des moyens existants ou imaginables.

Tel est le constat de la quasi- unanimité des mauritaniens.

Quant à la responsabilité de la corruption généralisée et du déclin de l’Etat et du pays, elle revient aux régimes d’exception et leurs instruments: partis Etat – SEM – PRDS.

Tout projet de société repose sur trois dimensions : les objectifs-les moyens-les résultats.

– Les objectifs des «partis -Etat –militaires qui se sont succédés » comprenaient des objectifs déclarés, nobles que nous partageons avec eux. Quant à leurs objectifs inavoués, nous préférons n’en parler, sauf à travers les résultats et le bilan de leur règne.

– Les moyens ne faisaient pas défaut. Il y avait des ressources matérielles, financières et humaines considérables et suffisantes pour construire la Mauritanie.

– Les résultats furent catastrophiques :

Une démocratie avortée et une économie ruinée à dominante tribale et mafieuse dont les traits marquants s’appellent pauvreté, chômage, inflation.

Malgré tout, le jugement que nous portons sur les gens de cette période ne peut être que nuancé. Il y a, sans doute, ceux (majoritaires) qui étaient contraints à rallier « le républicain, les SEM et les comités du complot…» pour assurer leur participation à la vie sociale et qui, s’ils avaient trouvé une autre issue, l’auraient choisie.

De plus, l’infantilisme de l’opposition de l’époque, a avantagé les éléments les moins démocrates et les moins soucieux de l’intérêt général.

Nous nous limitons à ces remarques par respect à notre patrie et à nos compatriotes.

Nous n’avons évoqué cet historique que parce que ce fameux groupe se trouve aux premiers rangs du futur parti ou tire les ficelles à distance, ce qui met son avenir et l’avenir du pays en danger.

Avec ces gens-là, la crédibilité du Président sera soumise à rude épreuve pour les raisons ci-après :

  • Dès que le retour du « parti de l’Etat » sera connu, les masses vont perdre tout espoir de réforme véritable, de changement ou de justice dans le nouveau pouvoir. Ce sera le coup de grâce pour toute période de grâce, pourtant nécessaire !!
  • Dès que les corrompus au sein de l’administration voient le retour ‘’des leurs’’ aux affaires, ils « reprendront immédiatement» service avec plus de voracité et au grand jour.
  • Le retour d’un Parti Présidentiel va ranimer les souffrances et les douleurs des fils de ce pays qui s’efforcent péniblement d’oublier ces tristes pratiques. On risque de favoriser ainsi le recours à la violence politique et aux mécontentements de toutes sortes en faisant fi de nos valeurs et de nos principes.
  • Au moment où nous cherchons à renforcer l’unité nationale et la concorde entre toutes les composantes de notre nation, la reprise de service de cette horde portera un coup dur à cette entreprise sans laquelle aucun développement n’est possible. Nous avons besoin de consolider intelligemment et avec adresse notre unité nationale.
  • Enfin, l’ancien esprit et les anciennes méthodes, une fois de retour, risqueront, au niveau du parlement, d’exacerber les contradictions avec l’Opposition (et même la majorité) et de conduire au radicalisme d’antan, ce qui mettra fin au dialogue et aux pratiques démocratiques.

Bien entendu, nous ne refusons pas le repentir. Allah l’accepte.

Nous ne cherchons pas à bannir nos frères, mais nous sommes contre le retour des pratiques et comportements qui ont fait tant de mal à notre pays du temps du PRDS, des SEM, des Comités du complot permanent et de leur source d’inspiration inconsciente, le « Parti colonial ».

Ces pratiques sont étrangères à nos valeurs et nous ont porté beaucoup de torts. Nous ne pouvons pas accepter que certains nous les imposent aujourd’hui, sous prétexte qu’ils seront dans un parti dit de majorité présidentielle, comme si en Mauritanie, Majorité signifie obligatoirement corruption et déchéance.

Nous n’avons aucun lien organique ou historique avec ces méthodes: détournement, corruption, hypocrisie et égoïsme sans limite…

Notre tolérance et notre amour à l’endroit de nos compatriotes n’a d’équivalent que notre sévérité à l’égard de ces systèmes (méthodes – moyens – esprits) qu’il faut condamner à mort et pendre.

Nous ne voulons pas permettre à ceux qui mettent l’intérêt de leur pouvoir au-dessus de l’intérêt national de replonger notre pays dans les abîmes, en accédant au cercle de décision et en cachant, comme ils savent si bien le faire, les réalités au Président.

Le système, par lequel, le parti-présidentiel

  • Contrôle l’administration, avec le monopole des postes de responsabilités et des nominations aux hautes fonctions administratives,
  • Nomme et contrôle les responsables des projets,

–  Produit des rapports destinés au Président, lesquels rapports contiennent souvent ce que leurs auteurs veulent bien y mettre et non la réalité ont fait l’objet d’une concertation préalable visant à empêcher toute possibilité de recoupement contradictoire des informations,

  • Va même jusqu’à inventer des menaces fictives touchant la sécurité, en vu d’entretenir une psychose sécuritaire permanente et de faire croire au Président que c’est seulement sur eux qu’il peut compter,
  • Signifie aux puissances étrangères que les enfants des ‘’zawaya’’ menacent leur sécurité et celle du Monde dans le but de provoquer des alliances douteuses. Ce système-là ne peut être ressuscité impunément.

Dans ce système, les organisations professionnelles se transforment petit à petit en services policiers travaillant pour ce parti.

En fait, nous sommes en présence d’une mafia au sein d’un parti, une mafia qui se livre à des pratiques douteuses pour atteindre des objectifs personnels et criminels.

Ces pratiques sont à l’origine de la faillite générale au plan moral, avec la ruine du système éducatif, la généralisation de la corruption et l’exil de milliers de mauritaniens.

La fuite des cerveaux et l’élargissement du fossé entre riche et pauvres sont autant de résultats de ces pratiques qui ont conduit à l’échec des projets de développement, à la faillite des entreprises publiques et au trafic de drogue, etc.

Même si nous acceptons le retour de ces pratiques, l’histoire et le peuple ne les pardonneront pas, les bailleurs de fonds et les institutions internationales non plus. Les propres consciences de tels individus devraient les pousser à se retirer.

Ce système n’a plus sa place en Mauritanie et, s’il récidive, la Mauritanie n’aura plus de place !!!

En tous cas, le futur parti doit être très vigilant sur ces questions s’il veut éviter les chemins qui ont conduit d’autres partis, avant lui, à la ruine.

Où sont, les partis-Etat omniprésents et omnipotents d’hier ??. Où sont les SEM ?? Où se trouve aujourd’hui le PRDS ?[2]

Nous voulons maintenant aborder certaines questions relatives à ce parti en gestation et qui sont à l’origine des débats actuels sur la scène politique:

– Certains prétendent que le parti est « le parti du Président car ses membres ont fait élire ce président ». Or n’importe quel parti peut soutenir le président et l’aider à réaliser son programme sans être son parti. Aucun parti n’a présenté la candidature de ce Président.

Cette rumeur est dangereuse parce qu’elle utilise abusivement le nom du Président de tous au profit de certains, au bénéfice d’un parti.

Même l’appellation parti de la « Majorité présidentielle » ne doit pas être retenue pour les mêmes raisons. Il y a d’autres partis qui ont soutenu le Président alors que le parti en question n’existait pas. Et qui nous dit, qu’une fois constitué, il va continuer à le soutenir ? Ne vendons pas la peau de l’ours avant qu’il ne soit né !!![3]

–  On nous dit que « le Président peut être, tout de même, membre d’un parti». Or, la constitution interdit au Président de la République de diriger un parti. Cette allégation est une violation de l’esprit de la constitution. Comment un chef d’état, Président de tous peut-il être membre d’un parti dirigé par quelqu’un d’autre ? C’est une logique curieuse !

Les rédacteurs de la constitution n’ont pas pensé à une telle précision parce que cela va de soi. Investi par tout un peuple, le Président ne peut être dirigé par une partie de celui-ci ou par un parti et être réduit au rôle d’exécutant discipliné. Lui, qui doit diriger tout le monde ne peut être dirigé par quelqu’un d’autre. Le bon sens était, tout de même, en général, assez bien partagé !

Cet argument est tiré par des cheveux.

–  On dit aussi, « qu’un groupe de parlementaires indépendants sont à l’origine de la fondation du parti et que leur but est de soutenir la majorité présidentielle, le Président et le gouvernement au niveau du parlement ». Il s’agit donc bien d’un « parti présidentiel » ! Nous leur disons que le soutien au président et à son gouvernement ne nécessite pas obligatoirement la création d’un parti ou l’adhésion à ce parti s’ils sont vraiment convaincus et déterminés à le soutenir.

S’il s’agit d’une condition posée au Président de la République, à savoir, leur créer un Parti- Etat nouveau (le 4ème dans l’histoire du pays – le 5ème si on prend en compte le parti Colonial-) pour soutenir son gouvernement, nous leur disons que le Président possède des outils constitutionnels pour recourir au suffrage du peuple sans subir chantage ou conditions préalables.

Ce sont, là, quelques éléments pour lever le voile sur des styles anciens que certains cherchent actuellement à ressusciter en s’approchant du Président et en le soumettant à une sorte de chantage pour restaurer une crédibilité perdue, pour se retrouver en première ligne et retrouver, par la suite, des privilèges matériels.

Enfin, chers compatriotes, laissez-nous, s’il vous plaît, tirer des leçons du passé et, dans l’intérêt général, nous entendre sur les principes suivants :

Opérer une séparation entre la Politique et l’Argent.

Laissons à chacun son domaine ! A la politique, ses hommes! A l’argent, ses hommes!

Chacun a ses propres méthodes et les voies pour préserver ses intérêts.

L’exercice de la politique, c’est d’abord l’intérêt pour la chose publique au service du pays en général.

Quant à l’argent, il est de deux sortes : l’argent public et l’argent privé.

L’intrusion excessive de l’argent privé dans la politique et dans la vie des partis est inacceptable.

Nous ne pouvons ignorer le pouvoir de l’argent, mais la démocratie donne à chacun (riche ou pauvre) une seule voix.

Nul n’ignore que la mafia et les autres forces du mal accèdent au pouvoir par le moyen de l’argent privé. Et nous savons comment certains détenteurs de l’argent, peu scrupuleux, financent la politique en guise ‘’d’investissement’’ qu’ils vont amortir sur le dos de la communauté, une fois leur candidat parvenu au pouvoir. Les marchés et projets vont alors à ceux qui ont infesté dans la politique.

L’argent public, quant à lui, appartient à tous et son utilisation excessive à des fins politiques n’est pas acceptable non plus. Or, d’aucuns se rappellent que l’usage de l’argent public à des fins politiques était largement admis. Corruption et détournements de toutes sortes sont devenus la règle pour « le besoin du parti ». On s’empresse de servir le parti à n’importe quel prix.

Il faut encadrer, avec rigueur, le financement de la politique et des partis afin de réduire leurs coûts et leur ponction illicites sur l’économie nationale.

L’Etat doit, en revanche, aider officiellement, au grand jour et de manière conséquente, les partis politiques représentés au parlement dans le but de maintenir le processus démocratique et ses cadres équilibrés (et ce plus qu’il n’a été fait jusqu’ici). Les cadres supérieurs qui se dévouent, à plein temps, à leur pays dans le cadre des partis investis de la confiance d’une partie conséquente de la population méritent reconnaissance et considération.

Les cadres « professionnels de la politique » doivent recevoir de l’Etat, à travers leurs partis, une rémunération convenable pour assurer à leur personne et à leur famille une vie digne. Ainsi, des hauts fonctionnaires, par exemple, pourront envisager : mise en disponibilité, détachements ou démissions de l’Administration pour se positionner dans les partis de leurs choix.

Pourquoi un ou deux bénéficiaires et pas les autres ? Pourquoi le soutien de l’Etat à certains dans le cadre de la démocratie, est-il perçu comme une sorte de pots de vin ?

Tout phénomène moderne nouveau ou à introduire dans notre société, traditionnelle par essence, est nécessairement, appuyé et soutenu (dans un premier temps) par l’Etat qui, en l’occurrence, est la « structure, la cellule souche de la modernité ». Notre expérience économico-politique le prouve, et la démocratie n’est pas une exception à cette règle, sauf dans nos esprits. Sans ce soutien financier actif par l’Etat, elle se fanera et c’est, d’ailleurs, l’une des raisons essentielles de son anémie et de son sous-développement, chez nous.

Il y a lieu aussi de tracer une limite claire entre les partis politiques et les responsables de l’Administration, en général, et de l’Administration territoriale, en particulier

Le devoir de réserve, qui s’applique, constitutionnellement, au Président de la République, chef de l’Etat, doit être élargi aux hauts responsables dans l’Administration, agents de l’Etat[4], dans leurs rapports avec les partis. L’esprit de la nouvelle constitution et notre expérience vécue, ces dernières années, nous dictent cette incompatibilité, dans le cumul de ces charges !

Il y a, en plus, d’autres considérations plus, fortement, ancrées dans l’esprit des gens.

On pense, par exemple, que le responsable dans l’Administration, qui appartient au parti présidentiel, n’a de compte à rendre à personne du fait de «l’immunité » qu’il tire de cette appartenance, la fonction politique étant « supérieure » à la fonction administrative.

Ce responsable, à double casquette, a le pouvoir :

  • de donner ce qui ne lui appartient pas à qui n’y a pas droit,
  • de distribuer des largesses imméritées à ses amis ;
  • de priver des collaborateurs méritants parce qu’appartenant à l’opposition ;
  • d’utiliser le temps, l’argent public et le pouvoir à des fins partisanes.

La position dans le parti prime l’ordre hiérarchique administratif. Il en découle :

  • le désordre ;
  • l’indiscipline ;
  • le cumul des avantages.

Ces pratiques sont, solidement, enracinées dans l’esprit des gens. Elles ne disparaîtront pas avec les changements d’appellation d’un parti.

Un pas qualitatif doit être franchi pour pouvoir opérer une rupture. Un électrochoc mental et politique est indispensable.

Nous mettons en garde contre cet esprit destructeur qui risque de se perpétuer si ceux qui le portent reviennent, avec lui, au devant de la scène et en première ligne dans le nouveau parti, les mêmes armes et bagages en main.

De plus, les règles de bonne gouvernance et de transparence que l’Etat mauritanien s’est engagé à respecter sont incompatibles avec l’omniprésence d’un parti ou des ses responsables.

L’une des règles fondamentales de la bonne gouvernance et de la transparence, consiste à séparer, nettement, les fonctions et à éviter certains cumuls de responsabilités incompatibles.

En effet, la gouvernance d’une collectivité se compose de plusieurs fonctions :

  • l’orientation stratégique ;
  • l’adoption ;
  • l’exécution ;
  • le suivi, l’évaluation ;
  • le contrôle.

Au parti et à ses hommes politiques : l’orientation stratégique

A l’administration et à ses hommes citoyens fidèles à l’Etat et à son chef: la mise en œuvre des politiques gouvernementales.

Au parlement : l’adoption des lois et le contrôle.

Au Président de la République, à la Cour des comptes et aux autres institutions compétentes: le contrôle, le suivi et l’évaluation,

Ainsi, complémentarité avec contre-pouvoirs et système de contrôle interne, permettront, dans le cadre de cette répartition des rôles, de réaliser les programmes, avec efficacité et avec transparence, et de limiter les risques de dérives et de malversations.

Chacune de ces institutions doit œuvrer à l’amélioration des performances nationales. L’exercice de la bonne gouvernance n’implique pas, nécessairement, l’appartenance aux partis politiques, la compétence et l’intégrité y suffisent.

L’armée et la justice doivent rester à l’écart de la politique» à plus forte raison l’administration qui est, en permanence, en contact avec tous les citoyens, dans un pays démuni et souffrant de ‘’la maladie mentale que constitue l’attente d’être assisté par l’Etat’’.

Certains prétendent venir pour appuyer le Président, à travers le parti. D’accord ; il faut, néanmoins, préciser que beaucoup de ceux qui se préparent au lancement du nouveau parti sont des agents de l’Etat.

Qu’y a–t-il de nouveau ? Quel apport ajoute-t-on au Président, Chef de l’Etat ? Des fonctionnaires de l’Etat ? !! Çà rappelle notre adage « laisse nous te couper la lèvre pour te la faire avaler en guise de nourriture ! ».En réalité et, si on « psychanalyse cette entreprise », on découvrira qu’il s’agit d’une tentative consciente ou inconsciente de renverser les positions en rendant le chef de l’Etat dépendant des agents de l’Etat. Esprit de rébellion et monde à l’envers!.

Cette séparation des fonctions, méthode scientifique appliquée dans les systèmes de bonne gouvernance, comme prolongement de la séparation des pouvoirs, repose sur une logique claire et se fonde sur des leçons tirées du passé.

Cette formule de neutralité de l’Administration est, d’ailleurs, valable pour tous les pays africains qui optent, véritablement, pour un régime démocratique.

La Mauritanie doit enregistrer cette invention, sous forme de brevet, et la mettre en œuvre !!

La transparence dans les dernières élections en Mauritanie est le résultat d’une stricte neutralité de l’Administration par rapport aux partis et aux candidats. On nous rétorquera : « ça n’existe pas aux Etats-Unis, en France ou en Angleterre » !! Mais nous ne réfléchissons pas pour ces pays et inversement !! De plus, il n’y a pas lieu de nous comparer à de vieilles démocraties car, celles-ci n’avaient pas eu aux affaires des Partis Etat, durant un demi siècle. Dans ces démocraties, les cadres (partisans ou non) sont pétris de culture démocratique pour chercher à fausser le jeu !.

Nous sommes d’avis qu’il faut privilégier les critères de compétence et d’intégrité pour l’attribution des responsabilités et nous demandons, par la même occasion, de fermer la porte aux critères politiques et de résister à toute forme de pression en leur faveur. Autrement, nous allons nous retrouver en face de situations tristement connues.

La forte pression sur la base du critère politique ‘’chassera’’ les critères de compétence et d’intégrité. La « mauvaise monnaie », dans l’Administration, chassera les « bonnes monnaies »: compétence et intégrité.

Le résultat sera Médiocrité et Médiocratie. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

Le futur parti doit être un parti de cadres et non un parti de « tout venant » et œuvrer à l’encadrement de la vie politique

sur la base de principes idéologiques en contribuant à la mobilisation des ressources du pays autour du programme du Président de la République. Il doit s’éloigner de l’exemple des partis Etat : PRDS, SEM.

Dans un parti d’avant-garde, les cadres auront le temps de bien faire les choses.

Si, par contre, ils cherchent à encadrer, embrigader tous les mauritaniens dans ce parti, ils seront inévitablement voués à l’échec et les dégâts n’épargneront personne.

Le parti déviera vers une organisation de tribus et de fonctionnaires et sera utilisé comme un outil pour séduire le pouvoir. Ce sera ridicule !! Et le peuple paraphrasera le Coran : « In taskharû minnâ vea innâ naskharu minkoum kema teskharûn» .

L’hypertrophie ne signifie pas l’efficacité. Le parti sera, alors, bâti sur le mensonge. Si l’importance des partis d’Etat était vraie, ils existeraient encore.

Puis, le gigantisme du futur parti aura un prix en temps et en moyens de toutes sortes pour assurer son fonctionnement et pour gérer sa cohésion. Mieux, l’organisation de ce parti et ses problèmes internes vont reléguer au second plan, le programme du Président au cours du présent mandat en dominant les esprits et en provoquant d’interminables élections, gâchis financiers et conflits récurrents.

L’action politique de chacun doit se limiter au lieu de sa résidence effective

Cela

  • limiterait les coûts et charges et, par conséquent, la place et le poids de l’argent dans la vie du parti ;
  • renforcerait le sentiment d’appartenance à la Nation ;
  • atténuerait l’impact du tribalisme, régionalisme et népotisme dans le parti et le pays ;
  • donnerait aux cadres locaux la possibilité de s’épanouir politiquement ;
  • nous éviterait des dépenses faramineuses en carburants, en hommes /temps et en amortissements de véhicules … !!
  • limiterait la place du folklore dans la vie politique.

Nous nous limitons à ces propositions, en les soumettant au débat démocratique. Nous sommes ouverts à toute opinion constructive allant dans le sens d’une démocratie véritable et dans celui de l’intérêt de notre cher pays.

[1] Proposition retenue et réalisée conformément aux modalités d’exécution définies dans ce texte. Rappelons en passant que l’idée de la création d’une Agence pour rapatriés, nous avons été aussi les premiers à l’avancer et à la défendre lors des journées de concertation.

[2] Pronostic vérifié 2 ans plus tard.

[3] Pronostic vérifié un an après. Le Secrétaire Général de ce parti et une partie ses cadres illustrèrent ce pronostic à l’occasion de la fronde politique qui a préparé le coup d d’Etat de 2008.

[4] Pronostic vérifié : loi 054.2007 sur la transparence financière de la vie publique