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Bonne Gouvernance Economie

Deux propositions pour une meilleure gouvernance économique et financière :

Deux propositions pour une meilleure gouvernance économique et financière :

1 – Séparation du secteur financier et bancaire des secteurs de l’Economie réelle.

2 – Création d’un marché financier mauritanien (Bourse de valeurs mobilières)

Nouakchott Info, Cridem Décembre 2009

Politique et Economie sont les deux faces d’une même monnaie. Elles sont si intimement liées qu’il est impossible de concevoir l’une sans l’autre. C’est dire leur caractère indissociable et leurs implications corrélatives. Aucune entreprise de réforme politique ne peut se passer d’une réforme économique.

Dans notre pays, leurs implications respectives n’ont pas toujours été prises en compte, ce qui a créé des distorsions, des dysfonctionnements et parfois certaines aberrations qui sapent les fondements élémentaires de l’économie, notamment les systèmes et mécanismes de régulation financière.

Nous aborderons ici les aspects les plus saillants qui nous semblent représenter de graves défaillances qu’il convient de pallier, de manière à assainir le cadre  de régulation de l’activité économique sur des bases saines et efficientes et les rapports qui doivent régir le système bancaire et l’Economie réelle. L’approche privilégiée est professionnelle et ne rejoint aucune lecture économique ou financière partisane qui puisse prêter à controverse. Il s’agit uniquement de règles et de principes communément admis par les systèmes économiques et financiers de par le monde.

Il importe cependant de préciser que cette réflexion est conduite, ici, dans le seul souci d’éclairer sur des pratiques dont la prise en charge par les décideurs, les spécialistes et les opérateurs économiques concernés, permettra de remettre de l’ordre dans un secteur extrêmement sensible et vital pour le pays, particulièrement dans la phase décisive qu’il traverse actuellement et à la lumière des énormes perspectives que lui ouvrent les nouveaux changements politiques et les nouvelles potentialités économiques.

S’il est évident que le secteur financier est relativement récent en Mauritanie et qu’il manque par conséquent de maturité et d’expérience, il n’en demeure pas moins qu’il colporte des tares et des distordions inacceptables dans une économie de marché et encore moins dans un Etat de justice et de démocratie. Le secteur financier mauritanien est passé par diverses étapes, toutes fortement marquées par le rôle moteur de l’Etat, à travers la Banque Centrale de Mauritanie (BCM).

A sa création en 1974, la BCM avait de grandes ambitions dont l’émission d’une monnaie nationale ainsi que l’organisation, la structuration et le contrôle du secteur financier ; donc du secteur bancaire. Ce secteur s’est transformé par la force des choses en un «outil » de l’Etat, avec des capitaux publics, gérés par des fonctionnaires. Il est devenu de ce fait la victime des commerçants du secteur privé qui ne comprenaient pas le rôle des banques et la nécessité de respecter l’argent public qui ‘’finance’’ ces banques. Ils étaient mus par des dynamiques « individualistes », aidés en cela par la complicité des fonctionnaires gestionnaires des banques.

Cet état des choses s’est traduit par une incapacité des banques à jouer leur rôle et a entraîné, parfois, leur faillite.

L’Etat s’est trouvé alors contraint à céder ces établissements aux commerçants qui avaient contribué à leur affaiblissement dans le cadre de ce qu’on a appelé « la privatisation ».

Il est intéressant de noter ici que la privatisation des entreprises publiques n’est pas identique à celle des banques.

Pour ces dernières – les banques commerciales – la privatisation signifie l’abandon d’une grande portion du pouvoir économique et monétaire au profit du gestionnaire ou du nouveau propriétaire de la banque. Et c’est en raison du pouvoir de ce dernier à créer la monnaie et de l’absence de tout véritable contrôle exercé par l’Etat que le secteur était structurellement condamné à l’anarchie.

Aujourd’hui nous trouvons que les banques sont devenues des propriétés privées aux mains des hommes d’affaires présents dans les secteurs du commerce, de l’industrie et des services à côté de leur métier de « banquiers », alors que dans tous les systèmes économiques en vigueur dans les pays avancés et même dans les pays en voie de développement, l’économie est structurée autour de deux secteurs distincts et complémentaires, le secteur financier et bancaire d’un côté ; le secteur économique réel de l’autre.

Ces deux secteurs entretiennent des relations et se complètent mais restent distincts et séparés par une limite claire et connue. Il y a une raison à la base de cette distinction. C’est « l’incompatibilité ». Les hommes d’affaires choisissent toujours entre les deux. Pourquoi ?

Parce que la banque est habilitée, légalement, à créer la monnaie. Ce pouvoir lui est délégué par l’Etat et, ce faisant, la banque, même privée – joue l’un des rôles dévolus aux institutions de l’Etat, ce qui lui impose une plus grande neutralité et une justice plus rigoureuse dans ces rapports avec les entreprises de production et de distribution.

La banque a la faculté de différencier et de choisir.

De ce fait, elle doit posséder le sens de l’objectivité au moment de prendre les décisions, de manière à considérer les intérêts du pays, de l’économie en général et de tous des hommes d’affaires aussi sans discrimination ni subjectivité.

Dans le cas où le banquier réunit et cumule les deux secteurs dans son activité, il perd le sens de l’objectivité parce qu’il devient concurrent des entreprises du secteur réel.

De plus, la création de la monnaie par la distribution du crédit ne peut qu’être « limitée » et la Banque Centrale fixe souvent des plafonds pour ces crédits.

Et comme c’est limité alors que tel banquier ou tel autre possède des sociétés actives sur le marché, il est naturel que l’essentiel des crédits autorisés pour cette banque aille en priorité aux sociétés de son propriétaire et le reste ira, à ses associés, clients et courtiers parmi les hommes d’affaires.

C’est ainsi que le pouvoir cédé par l’Etat dans le but de profiter à l’économie à travers les prestations accordées aux clients de la banque en mettant à leur disposition les crédits nécessaires au montage des projets profitables au développement du pays est usurpé et détourné de sa vocation et de ses objectifs.

Ce pouvoir sera utilisé pour mettre ces crédits « limités » au service des seules sociétés du banquier.

La banque devient alors le promoteur du banquier, lui-même, au lieu de financer l’économie nationale.

–         Cette situation peut être assimilée à une mauvaise gouvernance dans l’ensemble et aboutit, à terme, à la faillite, car les financements et les crédits doivent être orientés vers les secteurs économiques selon des normes et des critères objectifs dans le cadre d’une politique générale des crédits à l’économie. Si le banquier ne fait pas preuve d’objectivité dans l’orientation des financements selon ces critères le résultat sera sans doute désastreux.

–         Le fait que le banquier (propriétaire) possède des entreprises privées dans le secteur de l’économie réelle qu’il finance par l’intermédiaire de la banque, expose le pays à l’inflation, parce que la « création de la monnaie » de façon illimitée, et sans rapport avec la production prévisionnelle qui approvisionne les marchés, provoque une hausse du taux d’inflation.

En revanche, si le banquier observe les règles de la profession et oriente les crédits vers des entreprises et des établissements sans autres considérations que les critères et les normes régissant ses rapports avec ses clients, le taux d’inflation sera réduit.

En tous cas, et compte tenu de cette situation, nombreux sont ceux qui ont une activité économique et qui vont chercher à posséder des banques pour financer leurs propres projets; mais bien sont plus nombreux ceux qui se sont évertués à solliciter, en vain, des crédits qu’ils ne sauraient obtenir parce que dépendant de la volonté d’un concurrent.

Les dépôts en banque effectués par les particuliers et les entreprises pour sécuriser et rentabiliser leur argent constituent aussi des ressources pour l’octroi des crédits. Cette assertion n’est cependant valable que dans un système financier normal ou la confiance est bien établie entre les institutions financières et leurs usagers. Or, dans notre pays, la tendance des usagers est plutôt à la thésaurisation.

Les relations de méfiance de ces derniers vis à vis des banques, entraînant une réduction considérable de la trésorerie de ces dernières et un manque de certitude pour les emprunteurs potentiels de pouvoir mobiliser des ressources à travers des crédits auprès des banquiers qui se positionnent curieusement en concurrents de leurs propres clients. Ceux-ci optent par conséquent pour le mode de la thésaurisation.

Parmi les aspects négatifs, il y a le fait que, lorsqu’un investisseur identifie un projet, réalise les études de faisabilité et cherche les financements, même partiels, auprès d’une banque, le banquier peut, s’il le veut, dans les conditions actuelles, exécuter le projet pour son propre compte. C’est la raison pour laquelle nombre d’investisseurs évitent souvent d’informer le banquier ou de chercher son concours pour un projet quelconque. Cette situation est à l’origine de l’immobilisme et de la carence qui tuent tout esprit d’initiative individuelle ou collective.

–         Autre anachronisme du système en place, dans le cas de l’import-export nécessitant souvent l’ouverture d’un crédit documentaire auprès d’une banque qui peut assurer le financement rapide de l’opération par l’intermédiaire de ses sociétés, l’importateur perdant un précieux temps, le produit objet de son opération commerciale est distribué sur le marché avant même que le banquier ne donne suite à sa demande..

Ces pratiques et ces blocages sont, au moins théoriquement possibles alors qu’elles devraient relever du domaine de l’impossible.

Le cas de figure des appels d’offres et des marchés n’est guère meilleur. Les soumissionnaires qui doivent fournir des garanties bancaires font face à la concurrence déloyale de leur banquier qui possède lui aussi une entreprise dans le même segment d’activité ; le soumissionnaire se voit alors refuser les garanties demandées et privé ainsi de ce marché. Même si le banquier ne lui oppose pas un refus de garanties, la confidentialité des offres techniques et financières peut être violée et des préjudices portés aux candidats par la concurrence.

En tous cas et au bas mot, cette duplicité du banquier et son mélange des genres et des rôles sèment le doute et la confusion, sapent la confiance dans les rapports inter-opérateurs, dérégulent le système financier et handicapent l’activité économique.

La situation que nous avons décrite en partie est anormale. La justice et l’équité exigent des hommes d’affaires de choisir entre le secteur économique et le secteur bancaire et d’éviter le mélange des genres.

Enfin et avant de faire une suggestion ou une remarque, nous trouvons utile de mentionner les aspects négatifs de cette situation sur l’économie et sur la monnaie.

  1. ‘’Le banquier commerçant’’ peut contribuer à la détérioration de la balance des paiements du pays. Il ne réalise pas le mal qu’il fait en accordant des crédits à des entreprises qu’il possède entièrement ou partiellement au détriment d’autres entreprises qui sont en fait concurrentes au plan de l’économie réelle.
  2. Le banquier « normal », en revanche, tient compte d’abord de la valeur réelle de la monnaie nationale. Et puisqu’il s’intéresse à l’économie du pays, il doit nécessairement s’intéresser à la balance des paiements dont l’équilibre et la bonne santé sont déterminants pour la valeur de la monnaie par rapport aux monnaies étrangères.
  3. C’est ainsi que nous pouvons comprendre les crises des secteurs d’exploitation qui provoquent une détérioration sensible des entrées en devises et des réserves.
  4. On aboutit ainsi à une hypertrophie du rôle du crédit dans la création de la monnaie, avec toutes les conséquences inflationnistes que l’on connaît, hypertrophie qui peut être aggravée par une destruction massive de la monnaie par l’achat de devises résultant des importations.
  5. ‘’Les banquiers commerçants’’ encouragent -par l’usage – le financement des importations ; ce qui fait fondre les réserves du pays en devises avec des conséquences sur la valeur même de la monnaie.
  6. Une autre question très importante réside dans la hausse démesurée des taux d’intérêts pratiqués par les banques (taux d’enfer, ailleurs, c’est ainsi qu’on les appelle en France); comme s’il s’agissait d’un moyen pour exclure les clients désireux d’obtenir des crédits pour financer des projets ou participer à des marchés.

A contrario, le banquier peut supporter ces intérêts qui, de son point de vue, se justifient, néanmoins, parce qu’ils lui reviennent. En effet, s’ils sont des charges financières de l’entreprise possédée, ils sont, par ailleurs, des produits financiers au crédit du compte des résultats de sa banque.

Pour résumer notre propos ; nous disons que la monnaie et la banque sont étroitement liées. Et, comme nous l’avons vu, ce sont les banques primaires qui « créent la monnaie ». Pouvoir leur est conféré de gérer la monnaie, contrairement à ce que d’aucun pensent au sujet de la création de la monnaie qu’ils attribuent injustement à la Banque Centrale ou à l’Etat.

Dans le cas de la Mauritanie, les commerçants « créent, en partie, la monnaie et la détruisent » par le financement de leurs opérations au détriment de leurs concurrents et de la monnaie, elle-même.

La mauvaise gestion du crédit et de la banque est, à notre avis, la source principale de la faiblesse de la monnaie. Lors de la création de la monnaie nationale, le salaire d’un cadre moyen à la Banque Centrale de Mauritanie, par exemple, lui permettait d’acheter dix boubous de Bazin pour un total de vingt mille ouguiyas. Aujourd’hui, le salaire d’un professeur d’université ne lui permet d’acheter qu’un seul boubou de la même qualité.

Nous voyons à travers l’exemple donné que la baisse de la valeur de la monnaie ne se limite pas à elle seule; ses effets touchent l’individu et même la culture, c’est-à-dire, la vie dans son ensemble.

A cette situation de désordre financier, il faudrait ajouter le fait que notre pays ne dispose pas de spécialistes de la monnaie et des opérations bancaires, ce qui a privé nos banques d’un développement sain et orthodoxe.

Quant à nos économistes, ils ne se sont pas spécialisés dans les questions monétaires, pourtant déterminantes dans tous les secteurs de l’économie et présentes dans tous les cursus des grandes universités du monde.

On reste ainsi dubitatifs face à une ouguiya qui monte et qui descend sans qu’on puisse déterminer les raisons de cette variation ni connaître les remèdes (politique monétaire) à lui apporter. Je me demande si ce terme de politique monétaire existe dans les documents des journées de bonne gouvernance, par exemple, ce qui serait révélateur et conforterait notre constat qui n’est pas à prouver.

Que faire ?

La solution consiste à séparer la banque et l’entreprise qui, actuellement, sont aux  mains d’une seule personne. Celui qui possède des pouvoirs monétaires (banque) et des actifs en nature (société) doit, s’il est banquier, séparer le pouvoir et le commerce pour pouvoir se consacrer au financement de l’économie en toute neutralité.

Comment le faire?

Par la nationalisation? Non! Il n’en est pas question pour nous. Nous souhaitons plus de capital et de santé pour ces possédants! Par l’expropriation? Moins encore!! En fermant boutique? Non! Il y a d’autres solutions plus positives et plus intelligentes.

La solution qui s’imposera un jour ou l’autre (et le plutôt serait le mieux pour tous) passera par la séparation du secteur bancaire et du secteur réel en s’appuyant, entre autres, sur un marché financier limité ou une bourse de valeurs mobilières à créer en Mauritanie.

En séparant ces domaines (ou ces activités), le banquier se trouvera dans l’obligation de vendre ses actions dans les sociétés commerciales ou inversement.

Dans ce cas, la création d’une bourse s’imposera pour organiser les opérations de vente et d’achat des actions. Les produits de cession de ce commerce profiteront au banquier, renforceront sa surface financière nette et conforteront sa position en tant ‘’qu’autorité monétaire ‘’.

Nul doute que l’ère du pétrole qui s’annonce pour nous exige la création sans délai d’une bourse.

Quant à la bourse de valeurs, elle est en réalité un outil de démocratie économique, les millions d’actions que détiennent les individus leur permettent de participer à la conduite des projets et à leur contrôle à travers les assemblées générales et leur procurent des revenus financiers par l’amortissement de leurs actions.

La cotation en bourse de sociétés comme la SNIM pourrait venir renforcer le marché financier à créer. Si l’Etat cède ses actions aux particuliers dans le cadre du marché financier, des milliers de personnes seront porteuses d’actions, ce qui dénotera d’un commencement d’une véritable démocratie économique et financière permettant d’apprécier les performances des sociétés à leur juste valeur. Cette approche s’inscrit dans la recherche de solutions basées sur la séparation du pouvoir monétaire et du commerce ou sur «la privatisation de la privatisation » qui profitera à des milliers d’individus plutôt qu’une privatisation qui se limite à un groupe trop restreint.

Les petits actionnaires doivent exister, être consultés et bénéficier des dividendes des sociétés travaillant au sein de l’économie de leurs pays.

L’épargne des particuliers perd son sens si elle ne permet pas à la démocratie économique et, par conséquent, politique de s’installer et de progresser.

Jusqu’ici domine, plus que l’investisseur, le métier « d’argentier  » qui, dans certains contextes, comme celui que nous vivons, est « un métier parasite », improductif et se souciant davantage de saisir au passage les affaires lucratives et de spéculer, que de porter l’essor de l’économie.

La situation que nous venons de décrire ressemble fortement à celle du parti unique en politique pour ce qui concerne la concentration des pouvoirs entre les mains d’une seule personne.

Elle s’apparente, en outre, à la dépendance de la justice par rapport au pouvoir exécutif. La banque est, en quelque sorte, le juge des entreprises ; elle évalue leur succès et leur échec et détermine celles qui méritent le financement de celles qui ne le méritent pas. Et comme le juge, elle tient le destin des gens. La banque a un pouvoir de vie et de mort sur les entreprises à travers l’octroi ou non des crédits.

L’Etat se doit, notamment par le biais de dispositions institutionnelles, de contribuer à l’éclosion d’un secteur économique sain, bénéficiant de l’ensemble des mécanismes et garanties de régulation et de promotion; les opérateurs économiques doivent, pour leur part, contribuer au développement des banques en favorisant une économie sans caractère « mafieux ».

L’Etat doit intervenir pour éviter que le commerce, l’industrie et les services (l’économie) ne soit dominée par une oligarchie financière et doit prévenir la concentration qui l’asservit; il doit constituer un contrepoids utile aux dérives « à la mauritanienne « pour rétablir les règles du libéralisme et en assurer le bon fonctionnement.

L’Etat, garant des libertés économiques, a le devoir de corriger cette situation, d’autant plus que l’oligarchie commerçante et financière conduit inévitablement à la concentration et au monopole.

S’il existe dans la société des individus auxquels il faut accorder la liberté d’entreprendre et de commercer, il faut assurer parallèlement la concurrence nécessaire sur les marchés des capitaux. Ces individus ne peuvent pas se passer de la société et le droit individuel exercé sans limitation engendre les conflits interminables des égoïsmes et constitue la négation même de la vie sociale et de la vie tout court.

Il faut assurer la démocratisation du capital et de l’économie sans laquelle l’entreprise démocratique et son processus politique sont condamnés d’avance à l’échec.

Pas de démocratie politique sans démocratie économique !!

Il est évident que nous n’avons pas évoqué tous les aspects liés au système financier, ayant choisi de mettre l’accent sur un seul sujet, à savoir, la distinction entre le secteur de l’économie réelle, d’une part, et le secteur financier et bancaire, d’autre part. Sans la séparation de ces deux secteurs, nous ne saurions aboutir à des solutions adéquates aux problèmes abordés, et à ceux du secteur financier, en particulier.

Quant à la Banque Centrale, elle est dans une situation de « chômage » que nous souhaitons provisoire. Le rôle de la banque centrale intervient principalement après celui des banques primaires. Or les banques dans notre pays n’accordent plus aucun intérêt à la banque centrale ni au rôle de celle-ci. C’est pourquoi nous avons dit qu’elle se trouve actuellement dans une situation d’établissement virtuel, sans impact véritable dans la préservation des équilibres financiers indispensables dans une économie de marché.