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VII Du point de vue monétaire, des institutions financières et des banques » peuvent être des Non Banques

VII

Du point de vue monétaire, des  institutions financières et des banques » peuvent être des Non  Banques

Nous avons  vu que  les comptes extérieurs d’une nation peuvent influencer positivement la masse monétaire, s’ils  sont  excédentaires. La nation, théoriquement, dans ce cas de figure, s’enrichit   et la masse monétaire augmente.

S’ils sont déficitaires, la nation s’appauvrit, au moins théoriquement et la masse monétaire diminue.

A l’inverse, les soldes déficitaires décaissés, des comptes publics de l’Etat, gérés par le Trésor, augmentent  la liquidité des banques et  accroissent indirectement  la masse monétaire.

L’excédent budgétaire, effectivement encaissé par le Trésor (et pas seulement comptable), impacte négativement la liquidité bancaire et diminue la masse monétaire.

Mais il y a une troisième provenance  de flux monétaires : les banques à travers le crédit.

Elle est, et de loin, la plus importante de toutes. Dans certains pays, la seule source de création monétaire directe est bancaire,  comme en Europe, depuis la création de la BCE et l’interdiction du recours à la planche à billets  par les pays membres de l’Union.

Le flou, les idées reçues et erronées autour de ces questions bancaires et monétaires nous obligent  de  faire les différenciations au sein du système financier et bancaires entre, d’une part,  les banques qui peuvent alimenter par leur production propre les flux monétaires et, d’autre part, celles qui ne sont pas habilitées à le faire.

Les institutions bancaires et financières qui ne peuvent pas ajouter une quantité de monnaie à la masse en circulation sont, cependant, une composante importante du système financier et un signe extérieur de richesse d’un pays et une source de financement sain de son  économie.

Les banques de développement qui n’ont pas de comptes ouverts pour le public, les compagnies d’assurances, les caisse de dépôt et consignation qui forment l’essentiel du  tissu du secteur financier non bancaire, au regard de notre critère monétaire, peuvent collecter des ressources d’épargne en émettant des titres financiers pour vendre des titres financiers et acheter des titres financiers-titre/titres; c’est l’intermédiation de représentation ; elles peuvent aussi utiliser des ressources d’épargne courtes pour financer des emplois plus longs ,la loi des grands nombres aidant ; c’est ce que les financiers appellent l’intermédiation par la transformation.

Les organismes de sécurité sociale de prévoyance et d’assurance maladie, les investisseurs institutionnels ainsi que les sociétés  de leasing ou de factoring font partie de ces institutions financières non bancaires-IFNB- .

Ces Institutions financières non bancaires (IFNB) ont des points communs avec les Institutions financières bancaires (IFB).

Dénominateurs communs IFB et IFNB

Toutes ces entreprises financières ont les ressources et les emplois  financiers, c’est-à-dire constitués au passif, pour l’essentiel, de capitaux propres d’emprunts, de lignes de crédits de bailleurs de fonds, de rétrocessions publiques, de subventions et de dépôts ; leurs actifs sont faits de prise de participation, de prêts  de placement et de trésorerie

Pour utiliser un langage simple et faire appel à votre bon sens, leurs fournisseurs les approvisionnent en ressources financières qu’ils achètent avec des moyens monétaires   et ils vendent des produits financiers à leurs clients en contreparties d’actifs monétaires.

Les actifs physiques : investissements matériels ou stocks sont soit inexistants ou  marginaux dans leur patrimoine.

Ils rendent des services financiers en servant d’intermédiaires entre les agents économiques  détenteurs d’épargne  ou disponibilités  provisoires et  à capacité de financement et les agents à besoins provisoire ou durables d’argent, de financement.

En effet toutes les IFB et IFNB,  pour des raisons, parfois différentes, ont besoin   de collecter des ressources d’épargne; les IFB pour faire face au phénomène connu des fuites monétaires vers les autres banques et autres compartiment du système financier, les IFNB pour financer leurs emplois.

Toutes ces entreprises financières et bancaires distribuent différentes formes de crédits et participent à ce qu’on appelle le multiplicateur de crédit. Les crédits accordés par une structure financière migrent, en général, et pour partie au moins, chez les autres, leur facilitant l’octroi de nouveaux crédits; on parle alors de multiplicateur de crédit.

Enfin elles  font appel, sans exception aucune,  au marché monétaire pour équilibrer, en cas de besoin,  leurs comptes, c’est-à-dire s’il ya un écart entre leurs recettes et leurs dépenses financières ou de fuites monétaires.

Singularités des I.F.N.B

Contrairement aux banques, elles ne sont pas autorisées à collecter des fonds du public sous forme de dépôts mobilisables par chèque ou autre moyen de véhiculer les avoirs monétaires.

Leurs ressources  proviennent des marchés financiers dans les pays ou les marchés de capitaux sont développés.

Dans les pays à économie financièrement  peu développée, elles vivent souvent des rétrocessions étatiques ou des lignes de crédits ou subventions obtenues auprès des institutions financières ou des bailleurs de fonds internationaux.

La ressource chez elles (les IFNB) est préalable à l’octroi du crédit et le conditionne.

Autrement dit, ces «Banques /Non Banques», ces institutions financières non bancaire ne font que prêter de la main gauche ce qu’elles ont emprunté de la main droite.

Les IFNB ne peuvent prêter que ce qu’elles ont, ce qu’elles ont dans leurs caisses alors que les IFB peuvent prêter ce qu’elles n’ont pas. Les crédits qu’ils(IFNB) accordent ne font pas dépôts supplémentaires, ils ne font que  transférer les dépôts alors que les crédits accordés par les banques créent des dépôts équivalents au montant des crédits qu’elles accordent.

Prêter ‘’ce qu’on n’a pas’’ est une singularité de la banque commerciale, la banque de dépôt, la Banque! Bien sûr, elle peut transférer d’une main vers une autre comme les IFNB la monnaie déjà existante mais elle peut aussi en créer, prêter. C’est ça qui fait la spécificité d’une banque et sa différencie avec une IFNB.

Dans tous les développements qui vont suivre, le terme banque sera réservé à  cette catégorie d’intermédiaires financiers  qui disposent  d’un privilège exceptionnel : celui de pouvoir disposer d’un passif socialement et officiellement reconnu comme monnaie.

Ce passif monétaire, élastique à volonté conditionnée des banques, n’est pas le plus sain des financements.