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XI – La banque peut permettre d’échapper au risque de change

XI

La banque peut permettre d’échapper au risque de change

Les entreprises qui réalisent des opérations commerciales ou financières avec des partenaires étrangers s’exposent, comme nous venons de le voir, au risque de changes.

Né avec  l’abandon  des parités fixes en août 1971, le risque de changes  est  entraîné par l’instabilité permanente des cours des monnaies, c’est à dire la variation du cours des devises par rapport à la monnaie nationale ou à la monnaie de référence.

Les fluctuations des cours de devises par rapport à la monnaie nationale peuvent avoir une influence favorable, nulle ou défavorable, dans ce cas le risque de changes  résulte d’un facteur externe et aléatoire.

Le risque de change peut résulter, au contraire, d’un élément interne qui est  l’exposition au risque change.

Pour comprendre l’exposition d’une entreprise au risque de change, il nous faut passer en revue certains aspects essentiels relatifs à la nature, aux causes et aux formes de ce risque de changes.

Nature et origines du risque de change

1 – les opérations commerciales

Les opérations commerciales libellées en monnaies étrangères que les entreprises réalisent sont soumises  à un  risque de change, le cours de réalisation pouvant être différent de celui de la date d’engagement.

C’est donc le décalage de temps qui peut exister entre le règlement de l’opération et l’engagement de cette opération qui provoque le risque de change.

Le risque de change peut concerner aussi bien l’importateur que l’exportateur ou le soumissionnaire à un appel d’offres.

Dans certains pays –surtout les grands-, des  organismes  d’assurance du commerce extérieur, -comme l’assurance COFACE, en France, peuvent y parer, mais on peut aussi recourir aux banques pour prendre des options de change préservatrices du risque de changes.

2 – Les opérations financières

Les emprunteurs tout comme les prêteurs de  devises étrangères s’exposent à ce risque.

Les emprunteurs craignent une appréciation de la devise d’emprunt.

Les prêteurs  redoutent  la dépréciation de la devise dans laquelle ils ont prêté.

3 – Les investissements réalisés à l’Etranger :

Ce risque de change peut  avoir pour origine les relations avec les filiales, paiement de dividendes, générés par les plus – values sur actifs et conversions des comptes consolidés…..

4 – La  compétitivité :

Le cours de devises peut avoir une incidence sur le chiffre d’affaires ou sur la marge bénéficiaire d’une entreprise.

L’évolution du cours peut avoir une incidence sur la position concurrentielle de l’entreprise.

Les différentes étapes du risque de change

a – Risque de change est dit aléatoire quand il n’y a pas d’engagement ferme pris par l’une des parties.

b – Risque de change conditionnel : lorsqu’il y a un engagement irréversible d’un des partenaires  mais que l’autre n’a pas manifesté sa volonté.

c – Risque de change réel, il résulte des 2 engagements irréversibles pris par les parties.

Position de change

Pour déterminer et quantifier le risque de change, on établit ce qu’on appelle, dans le jargon des entreprises et des banques, la position de changes. Il s’agit  d’un document qui recense, par échéance et par devise, le montant des devises à recevoir ou à livrer consécutivement aux différents engagements de l’entreprise.

On globalise, dans ce cas, les différents mouvements relatifs à une monnaie et on ne retient que le solde.

La position de change est donc le «  solde en chaque devise à payer ou à recevoir pour lequel il n’y a pas de couverture de change et qui, par conséquent, reste exposé au risque de change».

Techniques internes à l’entreprise pour atténuer ou éviter le risque de change

Pour éviter des positions qui pourraient lui faire courir des risques, les services de l’entreprise utilisent, dans une première étape,  des techniques de gestion internes telles que :

– Les compensations internes :

Ils représentent un instrument de couverture par lequel les entreprises compensent leurs encaissements et leurs décaissements dans une même monnaie, dans le but de limiter ou d’atténuer le risque de change

Le termaillage

Le termaillage est une technique de couverture qui permet d’influencer les encaissements et décaissements de devises étrangères, selon l’évolution anticipée des cours sur le marché des changes, en les accélérant ou les retardant, dans le respect des clauses du contrat conclu.

– Le choix de la monnaie de facturation, etc.

Si en dépit de ces techniques, l’entreprise reste soumise au risque de change, elle se trouve alors obligée  de faire appel aux assureurs ou aux banques pour se prémunir de ce risque, c’est-à-dire d’une perte probable.

Instruments de couverture externe

– Recours à l’Assurance

Ce sont des assurances que des organismes externes proposent aux entreprises pour leur permettre une couverture contre les risques afférant à leurs opérations d’exportations ou d’importations.

Ces polices d’assurance de change permettent de conserver la maîtrise du risque de change.

– Recours aux banques

Les banques commerciales ou universelles chez lesquelles sont domiciliées les opérations de crédit ou de remise documentaire et autres peuvent proposer et réaliser, au profit de leurs clients, des opérations leur permettant de se couvrir contre le risque de change.

Les opérations de couverture ont pour objectif de protéger un agent ou une entreprise contre les risques entraînés par les positions ouvertes du fait de son activité.

Ces opérations peuvent être regroupées en deux catégories, selon leurs objectifs.

A – La première catégorie : fixer définitivement le cours du change au moment où naît  le risque de change par plusieurs techniques dont les pus fréquemment utilisées sont :  le change à terme et les avances en devises.

Le change à terme

Le contrat de change à terme est un contrat entre deux  parties  qui a pour objectif de couvrir l’entreprise contre le risque d’une évolution défavorable du taux de change d’une devise par rapport à une autre.

Il s’agit d’un instrument de couverture dit « simple » grâce auquel l’entreprise peut déterminer, aujourd’hui, le taux de change auquel elle pourra acheter ou vendre une certaine quantité de devises à une date future précise.

Une opération de couverture consiste, par exemple, à prendre sur un marché à terme une position symétriquement opposée à celle que l’on possède sur un marché au comptant de façon à compenser une perte éventuelle sur le marché au comptant par un gain sur le terme.

Inconvénient : Cette opération  ne permet pas à l’entreprise de bénéficier des évolutions favorables du cours des changes.

Les avances en devises :

Les avances en devises consistent en  une opération par laquelle une banque prête des devises à une entreprise exportatrice ou  importatrice.

Les avances en devises constituent des crédits de financement à court terme en devises. Elles permettent à un exportateur de bénéficier d’une trésorerie en monnaie  nationale correspondant à la contre valeur de la créance qu’il détient sur son client étranger.

L’avance en devises est également un outil de couverture du risque de change si la devise empruntée est la même que la devise de facturation utilisée par l’entreprise.

B – La deuxième catégorie de techniques externes  vise à protéger contre les évolutions défavorables du cours des  changes tout en conservant la possibilité de bénéficier d’une évolution favorable du cours de change. C’est l’option de change.

Option de change.

On distingue les options d’achat et les options de vente de devises.

L’acheteur d’une option de devises acquiert le droit et non l’obligation d’acheter un certain montant en devises à un prix déterminé à l’avance, appelé prix d’exercice jusqu’à ou à une certaine échéance, qu’on appelle date d’exercice, contre le paiement d’une prime.

Le vendeur d’une option de devises, acquiert le droit et non l’obligation de vendre un certain montant en devises à un prix déterminé à l’avance, appelé prix d’exercice jusqu’à ou à une certaine échéance, qu’on appelle date d’exercice, en encaissant une prime.

Une option peut être dénouée suivant trois voies :

–  L’acheteur de l’option peut abandonner son option s’il trouve avantageux pour lui d’acheter ou de vendre des devises sur le marché des changes.

–  Par contre, il peut exercer son option s’il trouve désavantageux pour lui de se tourner vers le marché des changes pour acheter ou vendre des devises.

Si l’entreprise n’a pas encore réalisé son opération commerciale, et si   l’option a encore une valeur positive, l’entreprise peut alors vendre cette option.

Conclusion

Dématérialisée et sans valeur intrinsèque, la monnaie moderne est gérée principalement par la banques privées. La Banque centrale agit indirectement sur le processus de création monétaire mais n’assiste que rarement au moment précis de « la naissance » de la monnaie.

En effet, la source de cette monnaie est essentiellement le crédit bancaire. Elle est dénommée « la monnaie du crédit ».

Cette monnaie a évincé la monnaie – marchandise, liée aux métaux précieux, et son usage s’est généralisé partout dans le monde.

On oublie souvent d’évoquer son lien avec la comptabilité à partie double. Pourtant, l’analyse comptable et du phénomène monétaire et leur histoire commune montre leur consubstantialité.

Sans la monnaie la comptabilité à partie double et les statistiques n’auraient pas pu se développer et réciproquement.

Omniprésente et omnipotente, bien que ne coûtant quasiment rien à produire, la monnaie moderne tire sa  force de la confiance que ses détenteurs ont en elle et en ses émetteurs: les banques et de son Garant, l’Etat.

La psychologie et la subjectivité, s’agissant des phénomènes monétaires, jouent un rôle important et ont un impact certain, à telle enseigne que certains auteurs – les Autrichiens – parlent de « monnaie subjective ».

Jusqu’à une date récente, sa fonction principale qui est de permettre les paiements à été monopolisée par les banques.

Mais les monnaies numériques, sous forme de monnaie électronique ou virtuelles, sont en train de briser progressivement ce monopole.

La monnaie électronique repose, dans les règlements, sur la monnaie émise par la Banque centrale. Elle circule cependant en dehors du système bancaire en utilisant la  mobilisation d’actifs monétaires détenus sous forme électronique.

Elle est émise en contrepartie de remise de fonds, ce qui n’est pas le cas de la monnaie virtuelle.

Les monnaies virtuelles, dissociées des comptes courant et de la monnaie fiduciaire, opèrent non seulement les paiements hors des circuits bancaires, mais se présentent, en plus, comme alternative de la monnaie scripturale.

Elles restent, malgré l’ambition de leurs promoteurs, marginales par ce qu’elles ne sont pas garanties, et ne sont acceptées qu’au sein de leur  communauté.

Contrairement aux  monnaies électroniques, elles ne sont pas réglementées et sont sans lien juridique avec la monnaie officielle.

Le monde des  paiements  a donc de nouveaux acteurs et de nouveaux instruments qui viennent bousculer les traditions et les comportements dans ce domaine.

Ces nouveaux instruments de paiement ont commencé  à se développer sous l’effet des progrès technologiques en matière de transmission des données et de leur diffusion grâce aux ordinateurs, aux téléphones mobiles.

En plus de cette évolution ‘’naturelle’’, préjudiciable à la finance traditionnelle, il faut noter que cette dernière n’a pas que des avantages et des amis.

Depuis la maturation des grands groupes d’Internet et à cause de la crise financière de 2008, une contestation et un questionnement remettent en cause, avec de plus en plus d’insistance, le rôle des banques sur les marchés financiers et leur pouvoir en matière de création monétaire.

Des initiatives, citoyennes soutenues par le grand public et les dirigeants politiques, se multiplient pou rejeter le monde de la finance traditionnelle. Ils ont plusieurs griefs contre les banques commerciales et leurs comportements générateurs de faillite et qui exposent les populations aux douloureux et préjudiciables désordres  monétaires.

En outre, les plans de sauvetage des banques par les pouvoirs publics sont assimilés à des taxes supportées par les contribuables.

Enfin, ils attribuent aux prises de risque par les banques, à leur spéculation sur les marchés  financiers et à la création monétaire les récurrentes crises financières.

Aussi, de plus en plus de voix s’élèvent- elles  pour exiger la séparation des activités monétaires et des activités financières.

En  Suisse et en Islande des initiatives radicales sont allées jusqu’à poser la question du retrait du pouvoir de création monétaire aux banques commerciales pour donner le monopole de tous les moyens de paiement à la banque centrale, expression de la volonté populaire.

Le juste équilibre doit se trouver quelque part entre le laxisme actuel des Autorités mauritaniennes en matière d’agrément des banques commerciales et l’extrême rigueur de cette initiative, « Monnaie pleine » dans la très financière Suisse.