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Chroniques des années Ould Abdel Aziz V: “Nous sommes déjà dans l’impasse, le dos au mur”

Le nouveau Président qui sera élu en Mauritanie est concerné par ce bilan économique des années Ould Abdel Aziz. Il en sera, en effet, l’héritier direct et naturel. Ce dont nous venons de parler porte sur un bilan de clôture, une synthèse des résultats de la gestion du Président sortant. Ce bilan sera, pour le Président élu un bilan d’ouverture, celui de sa ligne de départ, sans une ouguiya de plus, ni de moins, tant à l’actif qu’au passif.

Le Président de cette ère décennale et ‘’son parti politique’’ semblent recommander, avec insistance, à leur candidat de prédilection de continuer sur la voie suivie par eux, de suivre (en arabe) leur « nahj ».

“continuer le nahj économique du Président MOAAZ et de son Gouvernement ne pourrait que conduire à l’ensevelissement pur et simple de l’économie mauritanienne.”

Je ne me prononcerai pas sur ce qui pourrait s’apparenter à une idéologie de parti ou à ce qui aurait trait au caractère des individus ou à leurs relations interpersonnelles, ni à la personnalité des uns et des autres. Car chacun est libre d’adopter l’idéologie de sa préférence, de prendre les positions politiques et électoralistes de son choix.

Notre propos, ici, est économique, il se rapporte à la politique économique. A l’opposé de la ‘’Politique’’ qui est faite de mots et de discours intarissables et presque sans coûts, d’élasticité et de souplesse d’adaptation, l’Economie a ses lois objectives, rigides, contraignantes….

La rareté qui caractérise l’Economie et la nécessité de tendre vers des équilibres, difficiles à atteindre sans la maîtrise de ses techniques, de ses sciences et le respect des lois qui la régissent, en sont des les traits dominants et qui la distinguent de sa sœur jumelle, la Politique.

Au regard du bilan que nous venons d’analyser, continuer le nahj économique du Président MOAAZ et de son Gouvernement ne pourrait que conduire à l’ensevelissement pur et simple de l’économie mauritanienne.

Nous sommes déjà dans l’impasse, le dos au mur. Vouloir continuer le nahj azizois, suivre ses traces, même par celui qui sait bien les identifier et les aimer, c’est courir vers la catastrophe économique et financière et, par ricochet, politique et existentielle. Sans exagération aucune, et pour bien comprendre la situation économique actuelle, nous dirons que la gestion de l’économie, pendant les dernières années, mais celle-ci, aujourd’hui, au bord du précipice.

Continuer dans la même voie équivaut à faire le pas fatidique, à tomber dans le gouffre et, au mieux, à faire saut dans l’inconnu. Nous avons déjà mis le doigt sur les clignotants (tous au rouge) et démontré que toutes les lignes rouges ont, elles aussi, été franchies. On ne peut plus, en conséquence, et je le répète, avancer sur cette voie!

Au cours du dernier mandat, le Président actuel, avec l’appui effervescent de son Ministère de l’Economie et des Finances au carré, a fait drainer efficacement, vers lui, les liquidités internes et externes de toutes les sources possibles et imaginables, de manière intense et à grande vitesse, en sur – endettant le pays jusqu’au nez, afin d’acheter, à l’étranger, des équipements lourds et coûteux dans le but de « réaliser, pour la première fois, des chantiers grandioses et jamais envisagés avant lui depuis l’Indépendance», telle est la quintessence de sa politique économique, tel était, son alibi, son « nahj ».

“Aucun bailleur de fonds ne voudra plus prêter des capitaux à ce Pays « sous développé, pauvre et appauvri », à «gouvernance économique préoccupante» et dont l’endettement équivaut à 100% de son PIB.”

Quant aux intentions et projets d’investissement du Président qui sera élu, s’il envisage de suivre le même « nahj», ils s’écraseront vite sur la montage de dettes externes sans que le niveau déjà très élevé de la de pression fiscale, jamais atteint auparavant et le niveau très bas de réserves ou provisions, ne puissent permettre un quelconque financement.

L’endettement auprès de la Banque centrale qu’on aurait découvert récemment ne peut que réduire davantage la marge de manœuvres du futur Président, le recours à la planche à billets.

En réalité, tous les plafonds ont été crevés par ses prédécesseurs qui ont réduit à néant toutes les possibilités d’action de leur de leurs successeurs : Capacité d’endettement du pays, nulle ! Capacité de remboursement très limitée !

Aucun bailleur de fonds ne voudra plus prêter des capitaux à ce Pays « sous développé, pauvre et appauvri », à «gouvernance économique préoccupante» et dont l’endettement équivaut à 100% de son PIB.

On sait que le taux d’endettement du Continent africain qui est jugé très élevé par les agences internationales, ne représente, en moyenne, que 60% de son PIB.

Que va-t-il nous arriver si un prêteur qui, pour des raisons irrationnelles ou inavouables, s’aventure à nous accorder de nouveaux prêts, malgré notre niveau de surendettement, pour financer des chantiers nouveaux ou finir des «réalisations» inachevées, dans le cadre de la continuation de la politique économique suivie jusqu’ici, c’est-à-dire en suivant le fameux nahj, décrit plus-haut ?

On n’a pas besoin d’être prophète pour le savoir!

Voici ce qui nous adviendrait si nous obtenions des financements additionnels!

1- Le taux d’endettement va commencer à dépasser les 100% du PIB, nous risquons alors d’être le pays africain le plus endetté et de nous retrouver parmi les 10 ou les 5 premiers pays les plus endettés au monde.

2- Il s’ensuivra un service annuel de la dette qui va engloutir une part insupportable du Budget de l’Etat.

3- Cela va creuser davantage le déficit budgétaire.

4- Ou nous serons dans l’obligation d’évincer et interdire des dépenses de fonctionnement ou d’investissement essentielles.

5- l’Etat paiera annuellement plus d’argent à ses créanciers étrangers qu’à ses propres fonctionnaires.

6- L’Achat, à l’Etranger, des équipements et matériels lourds, nécessaires à la réalisation des ‘’chantiers’’, va creuser davantage le déficit de la Balance commerciale et de la Balance des paiements qui connaissent un énorme déséquilibre structurel, « des trous » aux profondeurs inégalées,

7- Ce qui, en plus de son effet négatif sur la croissance économique,

8- va agir négativement sur le cours externe de la monnaie dans un pays qui importe tout ce qu’il consomme et ne couvre qu’une infirme partie de ses besoins alimentaires,

9- La baisse de la monnaie va renchérir le prix des produits importés, y compris les produits alimentaires et de grande consommation,

10- ce qui va impacter le pouvoir d’achat et le niveau de vie des populations déjà paupérisées.

11- Le taux de l’inflation ne peut qu’augmenter dans ce contexte.

Tous ces facteurs réunis, et d’autres que nous n’avons pas cités, pour ne pas trop vous ennuyer, vont provoquer une décote de la Mauritanie, affecter son image et donc rendre encore plus difficile et plus coûteux son accès au financement des projets d’investissements du type «réalisations du fameux « nahj».

“N’importe quel nouveau Président cherchera immanquablement, qu’il le veuille ou non, à sortir du cercle vicieux hérité du bilan de son prédécesseur, pour concevoir une autre politique, pour déminer le terrain économique et négocier de nouveaux accords bilatéraux et multilatéraux avec ses partenaires économiques et financiers.”

Vous voyez que c’est le serpent qui se mord la queue, que nous revenons à note point de départ parce que nous tournerons, si on suit cette voie, dans un cercle vicieux.

Continuer à tourner dans ce cercle vicieux ne fera qu’aggraver le déclin et les crises.

Il faut sortir de ce cercle vicieux, en abandonnant le nahj et envisager un chemin totalement opposé dans l’espoir de s’engager dans un autre cercle, le cercle vertueux. Mes étudiants pourront vous confirmer que je n’invente pas ces notions de cercles, les études empiriques et les sciences économiques, les enseignent.

N’importe quel nouveau Président cherchera immanquablement, qu’il le veuille ou non, à sortir du cercle vicieux hérité du bilan de son prédécesseur, pour concevoir une autre politique, pour déminer le terrain économique et négocier de nouveaux accords bilatéraux et multilatéraux avec ses partenaires économiques et financiers.

Le Président qui sera élu aura besoin, pour ce faire, d’une période de grâce durant laquelle ses partenaires sociaux et ses adversaires politiques lui laisseront ce temps de répit, pour concevoir dans la sérénité, et en connaissance de cause, une nouvelle politique économique.

“Dire à un Président, fraîchement élu, de suivre une voie, un chemin sans issue, sans provisions, sans crédit, sans crédibilité, bref non bancable, équivaut à lui proposer de sauter dans le gouffre, après lui avoir passé service au bord du précipice!!”

Les candidats à l’élection présidentielle devraient insérer dans leur programme électoral un engagement sur leur honneur de respecter cette période de grâce de 6 mois à un an, dans l’intérêt de leur pays fragilisé et à bout de souffle, économiquement et financièrement. On dit que le politique suit l’économique. En tout cas, dans le cas présent, cela est indispensable.

Le moratoire économique et une période d’accalmie politique ne peuvent qu’aller de pair pour que le pays puisse se mobiliser afin de relever les défis financiers , au moins, et obtenir un minimum de ressources pour réaliser un minimum de choses et de promesses électorales et pour mettre de l’ordre dans la maison Mauritanie. La paix, la stabilité et même la survie de notre pays, dans l’alternance, sont à ce prix !

Dire à un candidat de battre campagne et brandissant le bilan économique dont nous venons de mesurer le passif et les effets destructeurs passés, présents et futurs, n’est pas le servir électoralement, aujourd’hui, ni politiquement, demain !

Sa Majesté le Roi HASSANII (qu’ALLAH accueille son âme Chérifienne dans son VIRDEWSS), n’avait-il pas, par exemple, dans son testament, recommandé à son Héritier Sa Majesté le Roi Mohamed VI (Q’ALLAH lui prête longue vie, avec une bonne santé) de changer, après lui, de Politique?

Dire à un Président, fraîchement élu, de suivre une voie, un chemin sans issue, sans provisions, sans crédit, sans crédibilité, bref non bancable, équivaut à lui proposer de sauter dans le gouffre, après lui avoir passé service au bord du précipice!!

La substance économique, les potentialités financières, mobilisables à court terme, et les liquidités ont été totalement siphonnées au terme de cette « ère aziziennes ».

Tous les soldes des grands comptes sont négatifs. La gestion a laissé des trous profonds. Le futur Président, en dirigeant son pays, aura à se mouvoir, entouré de fosses, de trous profonds.

Il aura besoin de tout son sens de l’orientation, de toute sa prudence et de toute la lumière de la transparence.

Nous constatons, ici, à titre anecdotique et toutes proportions gardées, par ailleurs, qu’il y a des ressemblances, des parentés entre la situation du Président qui sera élu, lui et ses électeurs qui attendront la réalisation de ses promesses, avec les créanciers de la machine à endettement de Mr C. R. de Teyssir qui attendent les paiements de leurs créances : deux machines, de puissances, peut -être, inégales, mais qui fabriquent le même produit, le surendettement !

‘’l’endettement et les déficits de la SNIM et de la Mauritanie sont des trous invisibles qui menacent la première entreprise nationale dans son existence, déséquilibrent et ébranlent la stabilité du pays et donnent des vertiges aux économistes et aux analystes financiers nationaux et internationaux…”

Le but unique de cette analyse but vise à sensibiliser le peuple mauritanien, ses élites, les Candidats à la prochaine Election présidentielle, le Gouvernement qui va nous quitter sur l’ampleur de ce que je viens de découvrir en préparant cette interview, à la veille d’une campagne électorale et d’un éventuel transfert de pouvoirs.

Le peuple et, même certaines élites non spécialistes, n’étant ni économistes ni financiers, ne voient que le «Visible», le physique, et jamais « l’Invisible » : les comptes économiques et financiers de a Nation!

Notre devoir est de les éclairer, comme nous le pouvons.

Dans les domaines de l’Economie et des Finances, on ne doit pas séparer le visible de l’invisible.

L’immeuble SNIM à N étages, au centre de la ville de Nouakchott, l’Aéroport aux deux millions de passagers et son mitoyen Palais international des congrès flambants neufs et sans pareils, les routes goudronnées aux chaussées bitumées et éclairées de jour comme de nuit, sont très visibles et nous impressionnent : de grandes réalisations de MOOAZ.

Par contre, l’endettement et les déficits de la SNIM et de la Mauritanie sont des trous invisibles qui menacent la première entreprise nationale dans son existence, déséquilibrent et ébranlent la stabilité du pays et donnent des vertiges aux économistes et aux analystes financiers nationaux et internationaux, ce dont le peuple et les Chefs qui ont bâti ces chantiers ne se rendent pas compte, tout comme ils semblent ignorer la profondeur des trous financiers invisibles qu’ils ont creusé, ce faisant, et qui risquent de tout engloutir.

La relation entre ces Visibles et ces Invisibles va rappeler à mes compatriotes ce que je ne traduirai pas aux «autres», par pudeur, pour ne pas blesser celui qui n’a jamais hésité à blesser notre amour propre, et par fierté personnelle : «l’histoire de Moundrich et de Elmarhouma, Mint Stayli » !

D’aucuns pourraient rétorquer qu’il y a du gaz ‘’en l’air’’, découvert récemment dans les eaux sénégalo- mauritaniennes qui permettra de combler les déficits, les trous, et même, de faire décoller l’économie mauritanienne.

A ceux là, je ne saurais répondre que par des vœux et des prières: Amine INCHALLAh, pour 2022 !

Quant à la comptabilité et à l’Economie, en vertu d’un principe de prudence, précédée en cela par le Loup dans notre fable « GABOUNE/CHARTAT », ils n’acceptent d’enregistrer dans leurs comptes que des recettes effectives, après leur encaissement.

En attendant, serrons les ceintures, notre situation économique et financière future sera beaucoup plus difficile que la présente, à cause des conséquences qui ne finissent pas de finir du nahj suivi au cours de la dernière décennie. Ayons pitié, compréhension, compassion pour le futur Président qui doit, à son tour, nous rendre la pareille.

Notre adage, confirmé par les sciences financières, dit : «L’argent ne se mange pas par deux fois». J’ajouterai que, quand il ne fait pas partie de nos fonds propres, il faudra un jour ou l’autre, le rembourser, ce qui viendra en soustraction de nos revenus et amputera notre pouvoir d’achat.

Soyons patients et travailleurs, et tirons les leçons de ce que nous venons de vivre et d’endurer.

Enfin, permettez-moi de dire, qu’en établissant ce diagnostic, basé sur les chiffres dans les rapports des bailleurs de fonds internationaux, je ne cherche pas la faute, mais le remède.

Je vous livrerais prochainement des réflexions inspirées par ce diagnostic, en me mettant dans un état constructif.

«Ce n’est pas ce qui nous arrive qui distingue nos réussites ou nos échecs. C’est la façon dont nous le percevons et dont nous réagissons qui change tout».

Fin

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Chroniques des années Ould Abdel Aziz: IV – La SNIM, victime de sa prospérité financière

La SNIM, deuxième employeur du pays (6 000 employés) après l’Etat et qui contribue pour 30% du Budget de l’Etat et représente 50% des exportations, a bénéficié d’un boom minier sans équivalent dans l’histoire, depuis sa nationalisation et même avant celle-ci.

D’une année à l’autre, le prix de la tonne de minerai a été multiplié par 3, le chiffre d’affaires de la société, toutes choses égales par ailleurs, a triplé. Ce triplement du chiffre d’affaires n’était pas accompagné d’une progression des charges, la production n’ayant pas augmenté et les coûts de production n’ont pas, non plus, eu de raisons de se modifier.

Des bénéfices ‘’fleuves’’ et inattendus ne pouvaient qu’en résulter. Ils proviennent d’une générosité divine via les prix du marché international. Aucune entreprise dans un autre secteur n’a eu à bénéficier, un jour, d’un tel ‘’lancement satellitaire’’.

Malgré cet océan d’argent, l’endettement de la SNIM est passé de 5% du PIB à 11, 5% du PIB. 

La SNIM a suivi apparemment les pas de l’Etat. Comment ce paradoxe (un de plus) peut- il être justifié ou expliqué? A priori, pas dans les lois d’une gestion économique et financière rationnelle et orthodoxe des entreprises. L’entreprise, fut-elle publique ou à capitaux majoritairement étatiques, n’est pas l’Etat. Elle doit se confiner aux activités lucratives et relevant de son objet social. Contrairement à l’Etat, elle n’a pas pouvoir de collecter des impôts pour combler ses déficits, pour assurer sa pérennité et préserver ses emplois. Elle peut faire faillite. Que Dieu préserve la SNIM. C’est ce que, manifestement, les pilotes de l’ère azizienne ont consciemment ou inconsciemment ignoré. Le Premier parmi eux, en premier!!!

Bref, Il faudrait auditer et ausculter en profondeur les comptes de cette entreprise pour avoir l’explication de la situation paradoxale, évoquée plus haut.

On sait cependant que la SNIM s’est lancée dans des projets qui ne relèvent pas de son objet social et de son activité normale et classique. Mais je n’ai pas les détails de ces incursions, pour ne pas dire de ces aventures. De plus, elle s’est lancée, depuis 2009, dans un investissement de 350 milliards d’ouguiyas (l’équivalent d’un budget de l’Etat mauritanien, garant, en dernier ressort, de ses dettes).

Lire aussi: Les relations financières avec l’Etranger à travers la BALANCE COMMERCIALE

Un investissement supplémentaire de 5 milliards de dollars, 5 fois plus important que le précédent avait comme objectif affiché de permettre une production de 40 millions de tonnes pour figurer dans le club des 5 premiers mondiaux. Malheureusement, sa production record n’a pas, à ce jour, dépassé 13,5 millions de tonnes (chiffre de l’année, en 2014).

Le bon sens et les expériences entrepreneuriales et de croissance des entreprises similaires interdisent de croire que de tels bonds puissent être accomplis par une entreprise qui opère sur des marchés internationaux aussi capricieux et dans un environnement bourré de contraintes et de goulots d’étranglement.

Sans être un spécialiste des mines et en espérant me tromper, je sens, ici, plutôt de la communication, de la publicité et un besoin de justification que de ‘’l’objectivement réalisable’’!

Je ne peux pas croire à une multiplication par 4 de la production d’une entreprise âgée d’un demi-siècle et dont la production a peu évolué au cours des dernières décennies. En revanche, si les recettes prévisionnelles des ventes d’une telle production sont peu probables et aléatoires, les dépenses sont, en général, certaines et les fournisseurs ne refusent jamais les commandes. La SNIM poussée ou obligée par l’Etat et son Chef a manqué de prudence. C’est le moins que l’on puisse dire!

Son avenir ???

La SNIM victime d’un retournement brutal de la conjoncture

Un retournement de conjoncture sur les marchés des matières premières, auquel le minerai de fer n’a pas échappé, a provoqué une division des prix par 4, à partir de 2015, plongeant l’Entreprise dans une crise de liquidité, voire de solvabilité, sans précédent qui menace d’affecter durablement sa structure financière.

Il semblerait que, pour la première fois et pour le présent exercice, elle ne pourra pas verser de contribution au budget de l’Etat.

Les résultats des ‘’investissements – projets’’ dont les coûts officiels s’élèvent à plus de 2000 milliards de nos anciennes ouguiya, décideront de la vie la vie de l’Entreprise et détermineront de quoi son avenir sera fait ou ne sera pas.

Deux leçons à tirer de cette fâcheuse expérience, vécue sous l’ère azizienne

La première leçon : la SNIM n’est pas l’Etat et ne doit pas se substituer à lui, la deuxième leçon: la séparation de l’Etat et de l’Enterprise, qu’elle soit publique ou privée est vitale pour notre pays. En 2009, alors qu’on parlait beaucoup de mauvaise t de bonne gouvernance, sans savoir, d’ailleurs, de quoi on parle, j’ai publié une étude sous forme de lettre ouverte au Chef de l’Etat de cette ère sur la gouvernance des entreprises publiques dans laquelle je préconisai un suivi des projets et entreprises publics. Quelque temps après, ‘’quelque chose’’ a été créée pour le suivi des projets mais pas, à ma connaissance, pour les entreprises et établissements publics.

En un mot, la croissance économique durant la première moitié de la décennie, objet de notre analyse, n’est pas une résultante d’une politique économique délibérée, elle vient du ‘’Ciel‘’ des produits miniers, mais elle est ‘’tombée sur les têtes’’ des gestionnaires qui ont opté pour des investissements surdimensionnés et coûteux aux effets dévastateurs sur l’économie, tel un tsunami.

Au lieu d’être un moteur de croissance, ces investissements, d’un genre particulier, ont été un facteur de crise et d’instabilité, générateurs d’importations payées en devises, de surendettements excessifs, creuseurs de déficits en cascade et sources des déséquilibres structurels en série.

Ils ont eu, en revanche, des effets bénéfique certains pour les économies de certains pays étrangers fournisseurs de gros matériel et pour leurs représentants et/ou commissionnaires.

Le retournement brutal et inattendu de la conjoncture, intervenu à partir de 2015, a ralenti le taux de la croissance et le rythme des investissements qui n’ont pas créé des revenus supplémentaires pouvant dispenser l’Etat, pour combler le manque à gagner financier, de se retourner contre des populations à pouvoirs d’achats laminés ou stagnants, rendant la pression fiscale intenable.

(A suivre)

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Chroniques des années Ould Abdel Aziz: I – Bilan économique et financier

 

“En juin 2019, la Mauritanie élira un nouveau Président de la république et sortira normalement de l’ère Mohamed Ould Abdel Aziz qui aura duré presque 11 ans. Quel bilan économique peut-on dresser de cette époque et de ses réalisations au plan économique?”

C’est la question que nous avons posée à Dr. Mohamed Ould Mohamed El Hacen, Professeur d’économie et Consultant qui a bien voulu livrer à Initiatives News, de façon détaillée, sa lecture de ce qu’a vécu le pays durant les 10 années de pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz…

En économie, contrairement à la politique, le bilan d’une ère qui s’achève, qu’on appelle en comptabilité «bilan de clôture», sera le «bilan d’ouverture» de l’ère qui pointe à l’horizon. Les actifs réels, non fictifs ou imaginaires, de l’ère de MOAAZ seront hérités par son successeur, les passifs aussi.

On dit que les «chiffres sont têtus et ne vieillissent pas» ; en économie ils ont souvent un fondement juridique contraignant et astreignant.

Les investissements réalisés au prix d’un endettement excessif, en devises et coûteux, par exemple, ne sont pas identiques à ceux financés avec des taux modérés grâce à une épargne locale suscitée ou encouragée par une politique économique et financière publique et nationale.

Normalement, le bilan économique du Président d’un pays, doit nous renseigner tant sur ce qui a été réalisé que sur les ressources mobilisées, pour ce faire, durant une période donnée, dans le cadre d’une stratégie économique globale bien définie et bien étudiée et servant la communauté et l’intérêt général, en mettant en évidence leurs valeurs quantitatives et qualitatives.

De plus, dans nos pays à ressources insuffisantes, il est nécessaire d’établir et de respecter une grille de priorités.

Le niveau et la nature des moyens et des ressources qui ont permis les réalisations à l’actif d’un gouvernement ou d’un président, ne sont pas neutres par rapport à leur appréciation et à leur évaluation. Ces ressources sont toujours prélevées, d’une manière ou d’une autre, sur les revenus présents ou futurs des citoyens, des contribuables.

L’absence de vulgarisation concernant les réalisations, et surtout les moyens qui les ont permis et les ressources qu’elles ont coûtées, rend tout travail d’analyse et d’évaluation, aussi bien pour le citoyen que pour l’expert, assez périlleux et aléatoire, quand il n’est pas impossible.
Aussi finit-il par en oublier l’origine et par croire que tout provient de la générosité d’un Président providentiel.

Une comptabilité à partie double, c’est-à-dire à deux colonnes, qui enregistre toutes ces données est indispensable pour faire le bilan d’un régime sur une année et, à fortiori, sur une décennie et plus.
Les équivoques sémantiques étant levées et les sens des mots définis, voulez-vous que je vous parle d’inventaire ou de bilan?
Sans attendre votre réponse, je sais que l’inventaire des réalisations de MOAAZ » est disponible avec vos collègues de l’AMP et, peut-être encore, avec l’UPR .Pour le nuancer ou en atténuer la luminosité et lui ôter ses enjoliveurs aveuglants, vous pouvez le soumettre à la lecture des experts du FNDU ou du RFD.
Mais je sais qu’en vous adressant à moi, vous parlez de bilan critique, et même plus, d’une évaluation économique et financière de ce bilan.

L’intérêt principal de cet exercice, pour qui connaît le contexte mauritanien actuel, est d’évaluer économiquement et financièrement, ce qu’il est convenu d’appeler les « les Réalisations économiques de Aziz» et d’éclairer, à travers vous, les lecteurs sur cette période.

Les « réalisations de MOAAZ » sont nombreuses. Elles sont généralement grandioses, visibles, parsèment, décorent et ‘’parcourent’’ le pays de long en large.

Comme je l’ai annoncé au départ, je ne ferai pas leur inventaire physique. Leur bilan économique et financier doit les situer dans le contexte, en déterminer la valeur quantitative et qualitative, examiner leur interaction avec les grands agrégats économiques et les secteurs de l’économie mauritanienne, leurs effets sur le fonctionnement de l’économie après avoir apprécié la qualité de leur gouvernance, leur coût, leur rendement, leur qualité et défauts intrinsèques.

Dans le vocabulaire des sciences économiques, « ces réalisations »qui sont, dans les bouches des hommes et des femmes politiques et des propagandistes des partis, s’appellent, en temps normal, les investissements publics. C’est par le biais de l’investissement public que toutes ces réalisations ont pu voir le jour.

Pour les évaluer au regard de la finance et de l’économie de notre pays, nous examinerons les points forts et les points faibles de l’économie mauritanienne qui ont une relation dialectique avec l’investissement public, qui sont étroitement imbriqués avec lui ainsi que les impacts positifs ou négatifs de ces réalisations sur les indicateurs économiques les plus significatifs: le taux de croissance, le niveau de l’endettement, les soldes des échanges commerciaux avec l’extérieur et le cours de change de la monnaie. Ces indicateurs ont le mérite et la particularité d’être établis à partir de statistiques fiables et le plus souvent fondées sur une comptabilité.

 Croissance économique, mesurée par le Produit Intérieur Brut (PIB)

Je commencerai par exprimer mes réserves sur la pertinence, l’innocence, pour ne pas dire l’”honnêteté” de l’indice PIB qui masque volontairement ou involontairement nos réalités et qui est, aujourd’hui, incontournable dans toute analyse ou évaluation de la croissance d’une économie.

Le PIB, en plus de ces propres défauts et lacunes, n’est pas, de mon humble avis, l’indice le plus significatif pour un diagnostic véritable des économies de nos pays en développement, car il occulte l’évolution de l’enrichissement ou de l’appauvrissement des nationaux dont les revenus sont mis dans le même “panier” que ceux des résidents étrangers.
Le PIB comprend les bénéfices transférables des firmes étrangères et des multinationales, et il ignore les revenus des nationaux établis à l’étranger.
Je viens de faire part de ces réserves au Fonds monétaire international et à la Banque Mondiale qui l’utilisent systématiquement, à l’exclusion du PNB.

Il a néanmoins le mérite d’exister. Travaillons pour le moment avec cet indice, en faisant « contre mauvaise fortune bon cœur ».

PIB 2009 /2014

Négatif en 2009, pour la première fois dans l’histoire du pays, suite aux répercussions sur l’économie du coup d’état militaire, le taux de croissance du produit intérieur brut – PIB- s’est redressé à partir de 2012 sous l’effet de l’augmentation particulièrement forte des prix des matières premières: fer, or, cuivre, pour atteindre 5,8% en 2012, 6,4% en 2013 et 5,8% en 2014.
Cette augmentation des recettes des entreprises minières a eu l’effet d’un’’ tsunami’’ financier qui a inondé les caisses des entreprises minières et, par ricochet, celles de l’Etat et qui a tout emporté sur son passage, causant d’énormes dégâts à notre économie nationale, nous dirons, plus loin, pourquoi et comment.

Une gestion rationnelle et prudente aurait dû dicter aux Pouvoirs publics d’utiliser une partie de ces recettes exceptionnelles pour rembourser, par anticipation, une partie de la dette extérieure ou au moins de s’abstenir ou de ralentir le recours à l’endettement. Une autre partie aurait pu être gardée comme réserves ou provisions à caractères de réserves par la SNIM pour faire face à un retournement de conjoncture prévisible et récurrent dans le secteur.

Ne parlons pas des générations futures!

La grande erreur stratégique, fatale pour la Mauritanie, dans « l’ère de MOAAZ», comme vous l’avez surnommée, et comme nous le démontrerons plus loin, a été d’avoir outrepassé ces règles de gestion rationnelle et de prudence qu’observent les Gouvernements responsables et que recommande l’orthodoxie financière.

Revenons à notre PIB! 

Les Autorités mettent toujours en avant cet indice et considèrent que c’est un indicateur de la croissance économique et un point fort dans le bilan de l’économie mauritanienne des dix dernières années. Je le concède, sans rien contester dans l’absolu, pour la première moitié de la décennie..

Et le bilan ayant deux plateaux, plaçons le du côté positif.

Toutefois la Mauritanie, en terme de taux de croissance, ne figure pas parmi les premiers pays africains; elle tient le 24e rang, derrière des pays voisins et moins choyés par la nature: le Sénégal ,4ème, et le Mali, 10èm !

PIB, 2015/2016: Retour du bâton

Mais le soudain et brutal retournement de conjoncture, se traduisant par une baisse vertigineuse des prix des matières premières (fer, cuivre, or …), ne tarda pas à s’annoncer et provoqua une grave récession, une crise de liquidité sans précédent et un ébranlement des entreprises. Le taux de croissance est ainsi passé à 1,4% en 2015 puis à 2% en 2016 et ne reviendra pas à son niveau d’antan.

Quoi qu’il en soit, l’économie de notre pays reste vulnérable parce qu’elle est tributaire de l’évolution des cours des matières premières, des marchés mondiaux et de la pluviométrie, autant de facteurs sur lesquels nous n’avons pas d’emprise.

Tant que des changements structurels n’auront pas été opérés (industrialisation réussie, émergence et développement d’une économie de savoir, développement agricole assurant l’autosuffisance alimentaire…, par exemple), elle restera particulièrement hypersensible aux chocs externes et impuissante devant les cycles de sécheresse. Les recettes provenant des matières premières représentent 30% des recettes de l’Etat et 50% des exportations.

(A suivre) 

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إذاعة التنوير: الموضوع الديمقراطية

السؤال: ما حقيقة الديمقراطية في مفاهيمها الأصلية وفي تطبيقاتها الناجحة؟ وما العقبات التي تعيق شعوبنا عن التمتع بمزاياها؟ ما السبيل إلى درجة من الوعي تتيح للشعوب في الدول النامية حق التصرف الجماعي في شأنها بلا إكراه؟

نريد أولا: أن نعرف كلا من الديمقراطية والديكتاتورية مفهوما وممارسة

لتوضيح مفهوم الديمقراطية التي نهتم بها ونحتسب أننا نطبقها في حين أن مفهومها لدينا مفهوما غامضا في الأفق الذهني، وقد يكون مرد ذلك إلى أننا سمعنا عنها الكثير في إفريقيا وبلادنا قبل أن نحاول أن نعيشها ونربح من امتيازاتها وأصبح الجميع تبعا لذلك يظن بخلاف الواقع أنه يعرف الديمقراطية وأنه يتشبث بها، ولأجل ذلك قل الحديث عن الديمقراطية بل إن كل واحد منا أصبح لديه مفهومه الخاص للديمقراطية أو جهله الخاص بتصوره للديمقراطية ولا يحس به أو يحس بجهل الديمقراطية ويخفيه عن الآخرين، وأظن أن الإعلام أنار للناس كثير من المجالات باستثناء هذا المجال الذي يندر اهتمام الإعلام به، والبحث فيه لينير الرأي العام وينير المهتمين به وغالبا ما يقتصر الإعلام على لفظة الديمقراطية وأظن أن هناك عاملا آخر هو كون الديمقراطية جاءت للأنظمة في إفريقيا بالإكراه ولذا قل الحديث عنها والذين لا يحبذونها لا يريدون للناس أن يعرفوها، أما الذين يقدسونها فيدعوهم تقديسها لعدم تناولها وقد لا يرون نواقصها.

وفي الحقيقة لمساعدة الناس على فهم الديمقراطية نلخص في مسألتين:

الأولى أن الشعب في سن الرشد (البالغ) ينبغي أن يراعى خاطره ومراداته وبالتالي يكون حرا فيما يود أو أن يريد أن يطبق في بلده وهذا يتوافق مع ثقافتنا ففي المثل نقول « إن البالغ يقدم جبر خاطره على مصالحه » وبالتالي الديمقراطية تأتي لتساير رغبات الجماهير وتجبر خواطرهم، إلا أنها تحد في الوقت ذاته من الحرية نوعا ما فيما يتعلق بالهم العام وهذا يعني العمل أن تكون رغباتهم في اتجاه ما هو صالحهم العام وذاك هو ما يبرر وجود الأحزاب السياسية والطلائع والمثقفين فهناك أهل حكمة وتجربة ينبغي أن يبذلوا جهدا لكي يبينوا للناس ما فيه مصالحهم في انتظار أن يختاروا لأن الخيار يبقى لهم، وبالتالي فهذا العمل متكامل فمن جهة هناك حرية فلا يراد بنا ما لا نريد في الحال الذي يبين لنا ما يضرنا وما فيه منفعتنا وخاصة ترتيب الأولويات، هذه هي ركائز الديمقراطية بتبسيط يتناول فهم الجميع.

الصبي وغير البالغ لا يراعى خاطرهم أما البالغ فتنبغي مراعاة خاطره بدون إغفال واجب تبيين مصالحه ومساعدته عليها.

فالجهل والأمية هم شاغل الناس اليومية كلها أسباب إضافية ساهمت في عدم إجلاء الغموض عن مفهوم الديمقراطية.

أما الديكتاتورية فطابعها الأساسي عدم مراعاة خواطر الناس، فصاحب السلطة يفعل ما يروق له فقط أحب الناس أم كرهوا وعادة يسوقه تحت شعار المصلحة العامة وغالبا ما يكون يصب في مصالحه هو وحده رغم أنه يظهر للناس أنه يخدمهم.

وما قلنا هنا يتوافق مع الإسلام والثقافة الإسلامية لأنها فصلت بين البالغ المكلف وغير البالغ وفي الإسلام لا إكراه في الدين الذي هو أهم ما في الحياة فإن كان المولى جل جلاله لا يكره عباده على دينه فكيف يستساغ أن يكره بشر الناس على ما يريده، وبالتالي فلا شك أن الديكتاتورية منافية للأخلاق ومنافية للدين وهلم جر.

وهكذا فالدكتاتورية تتنافى من هذه الحيثية مع الإسلام في حين تتلاقى معه الديمقراطية كما في قوله تعالى {وأمرهم شورى بينهم}.

وللديمقراطية إلى تفحصنا أربع مكونات أساسية هي:

1 ـ التعددية وهو القبول بمبدأ تعددية الناس في الآراء والتفكير ومن ذلك حرية الصحافة والأحزاب والرأي إلى غيره.

2 ـ المنافسة وفي إطار هذه التعددية يبرز التنافس في الأفكار فالأحزاب في الحملات الانتخابية يوفر لها جو التنافس لإبداء أفكاره وبرامجها في الشأن العام فالأحزاب في الديمقراطية مبنية لا على الفرد ولا الفكرة وإنما الهم المشترك والولوج إلى كل ما فيه المصلحة ودرء المفسدة فينبغي التنافس ليعرف من يقنع الناس بما عنده ومن يعطوه خياراتهم بالتصويت.

المكون الثالث لانتخابات والطريقة التي يجسد بها ما قيل سابقا يكون الانتخاب ولاقتراع العام

المكون الأخير الدستورية إن المجتمع مع التعدد والتنوع والاختلاف ومبدأ قبول التنافس والتنافسية يرجع إلى مقدس هو الدستور وهذه المكونات هي مكونات تأسيسية للديمقراطية، وتعتبر مكونات جامدة وتحتاج في أوقات معينة إلى ديناميكية حية لتحريكها ولذا فهي مرتبطة بأمر خامس هو الحكم الرشيد وهو ما نفتقده في إفريقيا وقد يوجد تنوع ومنافسة ودستور وانتخاب رئيس لمأمورية ولا يوجد حكم رشيد يتماشى مع مبادئ الديمقراطية التي إنما يراد منها الحكم الرشيد وهذا هو ما يجهله أهل هذه البلاد، وقد سمعت نائبا في البرلمان يقول « الأغلبية تحكم وعلى المعارضة المعارضة »، أي إطلاق لمن يحكم وكف من لا يحكم؛ « لا »، هناك الحكم الرشيد الذي إذا كان الحكم حكم فساد وسفه فذلك ليس حكما ديمقراطيا فلا يعقل أن ينتخب شعبا رئيسا ليفسد عليه وبالتالي فمبادئ الحكم الرشيد لابد أن تصاحب الديمقراطية وفي هذا النطاق ينبني الحكم الرشيد على مسألتين على مسألتين جوهريتين:

1 ـ أنه في تسيير الديمقراطية يعمل على تكثير أحكام السلطة وأقطاب القوة فتكون متعددة لكي يكبح بعضها البعض عن الانفلات في أنانيته فيضمن ذلك التوازن فإذا لم توجد الأقطاب المتعددة فإذا التوازن لا يوجد ومن باب أولى الديمقراطية لأن تلك التعددية التي ذكرنا والتنافس لم يعد له مجال عملي يتجلى فيه.

2  ـ العمل في الديمقراطية أن لا يكون هناك صدام بين هذه الأقطاب فنستطيع أن نسير أمور البلد مع تعددها ومع قوتها ومع اختلافها بما لا يؤدي إلى التصادم لأن الديمقراطية إنما جاءت لتحول دون التصادم بين الناس وأذكر أنه في الأيام التشاورية تطرق الحديث إلى الحكم الرشيد والغريب أن الحاضرين المحاضرين وغيرهم من المثقفين لا يعرفون معنى الحكم الرشيد ودفعني الحياء إلى أن أحكم ورقة لأحدهم عن الحكم الرشيد فلم يتجاوز حديثه حد التعريف فبغياب الحكم الرشيد لا تحصل الديمقراطية ولا تكون لها فائدة وفائدته الوصول إلى أحسن جدوائية وأحسن نتيجة ولهذا السبب عادت علينا الديمقراطية بضرر أكثر مما عادت علينا بنفع الديمقراطية لم تساير بالحكم الرشيد وهنا ألخص مبادئه الأساسية في تسع نقاط:

1 ـ وجود مؤسسات للديمقراطية محايدة فلا من طرف محايد وقوي للعملية الديمقراطية

2 ـ تسييل وبث المعلومة في التسيير وكل الشؤون للناس

3 ـ الشفافية في الآلية والقرارات والعمل

4  ـ مشاركة الفاعلين جميعا في السياسية والانتخابات

5 ـ تسيير معقلن للموارد

6 ـ الاعتماد على القدرات والخبرات بدلا من الزبونية والاعتبارات الأخرى

7 ـ واجب تقديم الحصيلة بالإنجاز للإعلام

8 ـ النزاهة

9 ـ احترام حقوق الإنسان

فإذا لم يطبق هذا أصبحت الديمقراطية في الواجهة وغير فعالة ولا تستطيع التقدم فالديمقراطية المترافقة مع الحكم الرشيد يسلبها معناها ونتيجتها يطبقه وتتبناه وما يكون فعالا أم الآخر فهو ديكتاتورية مغلفة بالديمقراطية.

سؤال في نظر الكثيرين أن نعيش في دولة ديمقراطية وهناك من يرانا نسير في طريق الدمقرطة وهناك وأظنني سمعت ذلك منكم من يقول بأننا شعوب معوقة عن الديمقراطية فما هي هذه المعوقات؟

الجواب نحن في الحقيقة من خصوصياتنا أننا في علاقتنا بالدولة الحديثة نرفع شعارا ونعمل بعكسه ولأن الديمقراطية وليدة الدولة الحديثة وقد وردت إلينا من الخارج وفرضت على أنظمة عسكرية فرضا لذا قامت هذه الأنظمة الدكتاتورية بالتوشح بها مع تقليم أظافرها لتكون ديمقراطية في العلن ديكتاتورية في الخفاء فليس من المعقول لدى الانقلابي أن يفوض سلطة مطلقة كانت لديه إلى الشعب.

المعوق الثاني أن الديمقراطية تحتاج إلى القوة فيجب إلى جانب قوة السلطة أن تكون المعارضة قوية والشعب قوي والبرامج حية…الخ.

والقوة لا تصح في الدولة الحديثة من دون المال ولو كان ذلك ممكنا لأمكن للتجار وهم أصحاب رأس المال الاستغناء عن الدولة لكن الدولة الحديثة هي من ساعد في مرحلة معينة بأن يكون لموريتانيا رأس مال وطني ولديها صناعات وبنوك وما أشبه ذلك، كيف وأهل المال لا يستطيعون القيام من دون الدولة بواجبهم يكن لأهل السياسة قدرة من دون المال للقيام بمؤسسات بحجم الهم العام تعمل بموريتانيا والحقيقة أنه لأجل الديمقراطية يجب أن يعطى لهم ما يكفي لهم لتصميم البرامج وتكوين الأطر وبالتالي بالمساهمة في حللحلة الأمور إذن هذا معوق كبير ولابد من المال لتقوية الديمقراطية ولممارستها والغلط أن يعطى المال للحزب الحاكم ويحرم الآخرون من تمويل برامجهم وتسيير شؤونهم والصرف على الخبرات والتكوين.

المعوق الآخر أنه في السياسة قوتان قوة اللسان وقوة الأفكار ولهما تأثير على الساحة فإذا زاد طرف بقوة ثالثة هي قوة السلاح كالجيش حد ذلك من قوة من يعارض وأصبحت اللعبة تدار بشفافية في بعض الأمور وفي أمور معينة تجد أن ما يلزم فعله في أمور ديمقراطية لا يكون؛ لأنما ليس في الإمكان أبدع مما كان ففي الخلفية وتحت القناع السلطة العسكرية والاستبداد الرشيد وفي الواجهة والعلن الديمقراطية ولا مكان للحكم الرشيد؛ فاختلال هذه القوى معوق آخر.

المعوق الأخير يفوق كل ما سبقه وهو معوق اجتماعي حيث أن الدولة الموريتانية منذ تأسيسها على يد الأب المؤسس المختار ولد داداه كان حريصا على أن تكون العاصمة انواكشوط وعلى إخراج الناس من إطارات القبيلة والإمارات والشيوخ لتأخذ الدولة مكانتها وهذا كان ضروريا وصائبا في حينه ولكن ما كان ينبغي فعله ولم يفعل أنه مع قبول الناس بإطار الدولة ينبغي جذب العنان إلى الناحية الأخرى وأصبح من يسوس الدولة وأعوان السلطة يستمرؤون التغالي والتعالي على أهل الداخل ويستعمرونهم بالترغيب والترهيب وساعد ذلك احتكار العاصمة المركزية للسلط والميزانية والمشاريع والميزانية والاكتتاب وغير ذلك بل أخص من ذلك كل السلط والمنابع في يد واحد هي يد المتربع على الكرسي المركزي وإذا أهل البوادي والقرى مجبرون على التعامل مع من بيده كل هذه المقاليد مما استوجب وجود النفاق السياسي في الأعماق وبما أن شعبنا في الحقيقة لم يتلطخ بهذه السمة كثيرا فقد آلت اللعبة إلى أن يعمل كل طرف على مخادعة الآخر.

سؤال بعض الناس يعتبر الديمقراطية مجموعة من الخيارات وليست مجموعة الضوابط ما تعليقكم؟

جواب أنجح وسيلة للتعامل مع الأنظمة التي ترفض رغبة الشعب وخياراته وخاصة بالنسبة لنا لتكون الأولوية لدينا جميعا هي التوافق على مبادئ وقوانين وعلى صفة نراقب بها كل من يتقلد السلطة وكيف نتعامل فيما بيننا في نظام ديمقراطي يسمح لنا بأن نتقدم، أي وضع الاحترازات والضوابط فنحن منذ ثلاثين سنة في معاداة الديمقراطية والنفاق للديمقراطية ولانقلاب على الديمقراطية وتشويهها في الممارسة وهذا الشكل التي تعود عليها الناس لا تصح معه الديمقراطية وانطلاقا من تجربتنا يطلب هذا نقاشا وطنيا عميقا، والديمقراطية لم يعد معناها أغلبية تحكم بالإطلاق ومعارضة مقيدة فالحكم الرشيد يستلزم الإجماع الوطني والوفاق في كل الوسائل الجوهرية في الشأن العام هذا مبدأ من مبادئ الديمقراطية ومبدأ من مبادئ السلم في الحفاظ على الكيان والوحدة.